Peut-on dire avec leibniz qu'on veut souvent le mal pour empêcher de plus grands biens?

Pages: 8 (1866 mots) Publié le: 24 janvier 2011
Peut-on dire avec Leibniz qu'on veut souvent le mal
« pour empêcher de plus grands maux ou pour obtenir de plus grands biens »?

De tous temps, l’humanité n’a eu de cesse de chercher à justifier le mal et à trouver une signification à cette pénible réalité quotidienne souvent dans le cadre de la religion, c'est-à-dire du rapport ambigüe qu’a Dieu avec le mal. Les théodicées, entre autres,s’emploient à en formuler une justification. Celle de Leibniz, en particulier, soutient la thèse que si Dieu a permis qu’il y ait du mal dans notre monde, c’est avant tout dans l’optique de faire le bien. En effet, un moindre mal permet selon lui un maximum de bien. Nous expliquerons dans un premier temps comment en est-il venu à énoncer cette thèse, pour ensuite s’intéresser aux problèmes posés parcette théodicée, et enfin se pencher sur les critiques qui en ont découlé et les autres explications proposées, notamment dans les œuvres au programme.

Au regard des mythologies et des textes religieux, on se rend compte que le mal est omniprésent dans tous ces récits, même s’il se manifeste sous différentes formes. S’il s’agit parfois de meurtres, de parricides ou d’incestes, entre autres crimesréprouvés par la morale humaine, il prend souvent l’aspect d’une punition divine. Que ce soit Zeus qui punit Prométhée par la création de Pandore pour avoir volé le feu aux dieux, ou Dieu qui chassa Adam et Eve du jardin d’Eden et les condamna au travail et à l’enfantement dans la douleur pour avoir mangé le fruit de la connaissance : tous relatent comment une déité se sert du mal pour punir leshommes de leurs erreurs. Le mythe adamique en particulier, repris par de nombreux philosophes, inspira de nombreuses théories sur les relations existant entre Dieu et le mal. Pour Saint Augustin, si l’homme est perpétuellement en proie au malheur, c’est à cause du péché originel. En effet, la faute commise par Adam et Eve serait la justification de l’existence du mal, et nous en paierions tousles conséquences. Nous pouvons aussi voir dans l’Evangile une situation où Dieu semble ne pas être en cause des actions humaines : quand le Christ lui demande : « Père, pardonne leur car ils ne savent pas ce qu’ils font ». Si les hommes ne sont pas au fait de ce qu’ils font, on voit ici que les conséquences de leurs actions, qu’elles soient bonnes ou mauvaises, ne sont pas imputables à Dieu. Danscette optique, une thèse de Paul Ricoeur, dans La Symbolique du mal, propose que le mythe adamique aurait pour fonction d’« innocenter » Dieu de l’existence du mal sur la Terre, en expliquant que la méchanceté de l’homme, d’origine naturelle, ne peut être imputée à Dieu qui jouit de la perfection absolue.
C’est la théodicée de Leibniz, dans Essais de théodicée, que l’auteur propose un point de vuedifférent. Selon lui, Dieu n’est pas étranger à la présence du mal sur la Terre, car il l’a au contraire voulu. En effet, Leibniz utilise un raisonnement mathématique et conclue en disant que dans un souci de richesse et de diversité, Dieu, parmi tous les monde qu’il lui a été possible de créer, a choisit un monde où le mal était présent, mais en telle quantité qu’il permet un maximum de bien.Si, on l’a vu, Dieu se sert de tous temps du mal comme punition, l’hypothèse de Leibniz a pour conséquence que le mal existerait dans notre monde de telle sorte qu’il ne pourrait en résulter qu’un plus grand bien, ou bien parce qu’il aurait limité un plus grand mal. C’est dans ces proportions extrémales que Dieu a pensé et voulu notre monde.

Mais il apparait que cette vision des choses peutsoulever plusieurs questions : ce principe s’applique-t-il dans tous les cas ? A chacun de nous ?

Nous pouvons, dans une première étude, nous pencher sur le problème que peut poser la conception du mal selon chacun. En effet, le mal d’un individu à un autre peut prendre différentes formes, différents sens et engendrer diverses réactions. On peut donner l’exemple de Thérèse, personnage principal...
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