révolution industrielle

Pages: 139 (34700 mots) Publié le: 10 avril 2014






























Chapitre Préliminaire





Durant les deux derniers siècles, se sont déroulés les bouleversements les plus profonds et les plus rapides de l'histoire. Ils ont donné naissance à la société capitaliste, et à notre monde actuel. Nous exposerons tout d'abord le point de départ de ces bouleversements, c'est-à-dire les sociétésantérieu­res, puis les enchaînements de la révolution industrielle.

I) LES SOCIETES AGRAIRES
On a coutume de désigner ainsi les sociétés antérieures à la révolution industrielle, c'est-à-dire l'histoire tout entière à l'exception des deux derniers siècles. Ce découpage réducteur ne satisfait ni l'économiste, ni l'historien. Nous l'admettrons cependant, car notre propos n'est pas ici de décrire cesépoques, mais d'y chercher, par contrepoint, les caractéristiques originales de la période qui nous occupe.

S1) L'agriculture est l'activité dominante

L'Europe occidentale, où va naître l'industrie, compte au XVIIIème environ 80 % de ruraux, l'agriculture fournit entre la moitié et les trois quarts du produit national. L'essentiel des productions artisanales — outils, vaisselle, meubles, vêtements— est le fait des paysans eux-mêmes qui occupent ainsi leurs soirées d'hiver. Les activités non agricoles demeurent pour l'essentiel rurales : spécialisa­tion de tel paysan dans un outil plus perfectionné qu'il mettra en vente, ou travail à domicile au com­pte d'un marchand-fabricant (on parle de domestic-system (1)), qui vend la matière première et écou­le le produit fini.
Le grand domaineféodal est né dans l'insécurité qui suit la décomposition de l'Empire Romain, le seigneur, homme d'armes, assurait la protection des paysans qui, en échange, devaient travail et obéissance, l'autarcie était alors imposée par les circonstances. A l'est de l'Europe, le partage se faisant sur l'Elbe, le domaine demeure une exploitation de grande taille, dont les propriétaires — Cou­ronne, Clergé,aristocratie — tirent des quantités de surplus (lin, blé, produits forestiers) vendus dans toute l'Europe. A l'ouest, au contraire, le servage commence à reculer dès le XIème siècle, le domaine est divisé en tenures attribuées en métayage (2) aux paysans dont l'attachement à la glèbe devient éco­nomique et traditionnel plutôt que juridique. Le domaine n'est plus que l'unité de base de la produc­tion, dupaiement des fermages et des impôts. Puis les statuts se différencient : fermiers, yeomen ou métayers, quelques paysans parviennent à devenir propriétaires, tandis que d'autres, les brassiers ou « cottagers », ne possèdent rien et doivent louer leurs bras, faire paître leurs troupeaux sur les terres communales ou sur les jachères.
Les rapports féodaux, dans leurs aspects les plus archaïques, ont,pour l'essentiel, disparu, mais, entre le propriétaire et le village, les liens restent marqués par la vieille domination. Une partie des droits féodaux, la justice, la réglementation des travaux, leur date, demeurent les attributs du maî­tre, même si, parfois, un bourgeois s'est substitué à l'ancien seigneur. Les paysans, dépendant d'un même propriétaire, fermiers et métayers, continuent à formerune communauté, avec ses terres (com­munaux ou common), son organisation collective du travail, ses fêtes, ses rites. Pour imposer les progrès, et surtout la nouvelle mentalité, basée sur le rendement, il faudra briser cette communauté. Attachée à ses traditions, préoccupée des intérêts collectifs, elle nourrit les pauvres en leur laissant un libre accès à la jachère, ou aux champs après lesrécoltes, et aux terrains communaux.

(1) Ce système très avantageux pour le marchand est analysé comme une étape intermédiaire vers l'organisation capita­liste du travail. II y a dissociation entre le travailleur et l'organisateur-vendeur de la production. Le marchand apporte matières premières, conception du produit et débouché, le travailleur n'est pas un producteur autonome mais un ouvrier...
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