Sartre

2185 mots 9 pages
La philosophie de Sartre
Quelques années durant, Sartre fut aussi un grand philosophe. Rappel du temps où l'existentialisme était encore un humanisme.
Luc Ferry
Contrairement aux idées reçues, Sartre ne fut pas seulement un « intellectuel engagé ». On se souvient, bien sûr, du compagnon de route intransigeant, déclarant sans rire que « tous les anticommunistes sont des chiens ». La formule visait Raymond Aron et elle était absurde. On revoit parfois l'image funeste du vieillard ravi par la démagogie qui vendait sur son tonneau de Billancourt le journal des jeunes maos, devant quelques ouvriers médusés. On évoque encore le souvenir peu reluisant de l'écrivain disputant sérieusement avec Michel Foucault de la meilleure façon d'exterminer le notaire de Bruay-en-Artois (dont l'histoire montra, mais c'était à l'époque un détail au regard de ses « positions de classe », qu'il était innocent du crime dont on l'accusait). Ce qu'on oublie derrière ces clichés, malheureusement réalistes, c'est que Sartre fut aussi un philosophe de premier plan, à vrai dire le dernier en France à posséder encore l'ambition de construire un « système du monde » à la façon des grands métaphysiciens du XIXe siècle.
Sans doute le projet était-il déjà vain. Jusque dans les moindres détails de son jargon, Sartre ne cessa de parodier les phénoménologues allemands, Hegel, Husserl, Heidegger, alors mal connus en France, sans jamais parvenir à les égaler. Mais, contrairement à eux, Sartre était un authentique écrivain qui sut, parfois de manière admirable, donner chair aux idées les plus abstraites qu'il traduisait en français. Dans « L'être et le néant » (1943), son maître livre, puis dans sa conférence intitulée « L'existentialisme est un humanisme » (1946), il réactualisa, contre le marxisme et les dérives scientistes d'une psychanalyse devenue dogmatique, les grands principes qui furent, depuis la fin du XVIIIe siècle, ceux des philosophies modernes de la liberté.
Il parvint aussi à en déduire

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