Skinner

Pages: 28 (6785 mots) Publié le: 26 novembre 2012
Le texte suivant est tiré de Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée (Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol. XXIV, n° 3/4, 1994 (91/92), p. 539-552. ©UNESCO : Bureau international d’éducation, 2000 Ce document peut être reproduit librement, à condition d’en mentionner la source.

B.F. SKINNER
(1904-1990)
Louis M. Smith1 Skinner est le plus importantpsychologue américain du XXe siècle — et sans doute même le plus grand psychologue dans le monde depuis, ou avec Freud. Véritable tour de force, son premier livre, The Behavior of Organisms [Le comportement des organismes] (1938), légitima un nouveau courant du behaviorisme. Après sa publication, Skinner continuera, cinq décennies durant, de développer, affiner, corriger et affiner encore ses positions.Aucun problème ne semblait trop vaste ou trop étroit pour ses capacités d’observation et d’analyse.

Découverte d’une vocation
A en croire Skinner lui-même, il serait nécessaire d’analyser son histoire personnelle pour saisir ce qui l’a poussé à « devenir psychologue ». Sa décision d’étudier la psychologie est le résultat d’un concours singulier et original de circonstances. Burrhus FredericSkinner naquit dans la petite ville de Susquehanna, en Pennsylvanie. Ayant obtenu le diplôme qui sanctionne le premier cycle de l’enseignement supérieur au Hamilton College, avec la littérature comme matière principale, il tenta dès l’année suivante de faire ses premières armes d’écrivain. Ce fut une période marquée par le découragement et l’échec : il découvrit qu’il n’avait rien d’intéressant à dire.Comme il le rapporta dans son autobiographie, Particulars of My Life [Détails de ma vie] : « J’étais apparemment un piètre écrivain, mais n’était-ce pas plutôt la littérature qui était pour moi une piètre méthode ? » (Skinner, 1976, p. 291). « Je me débattais dans une mer déchaînée, en grand danger de couler, mais les secours étaient en route. Le Dial [un magazine dont il était un lecteur assidu]publia quelques articles de Bertrand Russell qui m’amenèrent à son livre Philosophy, paru en 1927, dans lequel il s’étendait longuement sur le behaviorisme de John B. Watson et ses incidences sur le plan épistémologique (ibid., p. 298) ». Bientôt, Skinner se plongeait dans les écrits de Watson et de Jacques Loeb, et rédigeait la critique d’un livre de Berman, The Religion Called Behaviorism[Cette religion appelée behaviorisme]. Le Saturday Review of Literature refusa l’article «... mais pour la première fois, en l’écrivant, je me définissais plus ou moins comme un behavioriste » (ibid., p. 299). Après plusieurs conversations avec des condisciples de Hamilton, il demanda à être admis à l’Université de Harvard pour y préparer un doctorat et y fut accepté à l’automne 1928. Ce changement decap brutal qui lui fit abandonner la littérature au profit du behaviorisme, alors qu’il n’avait jamais suivi de cours de psychologie, a des allures de conversion. Skinner, est-on tenté de dire, ne disposait que de bien peu d’éléments pour opérer ce tournant intellectuel qui allait décider de toute sa carrière, pendant plus de 50 ans. Quelque chose dans les ouvrages de Russell et de Watson avaitéveillé un écho dans l’esprit de ce

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jeune homme au sortir de l’adolescence. Une vision du monde se dessinait avant même que la théorie de fond — l’univers des opérants, des réponses, des renforcements et des stimuli discriminatoires — ne soit découverte ou élaborée. Il semble que la démarche de Skinner fut plus une affaire de choix personnel que d’expérience et de jugement professionnels. Leclimat social, caractérisé par la victoire remportée sur la grande crise des années 30 et celle qui mit fin à une guerre juste dans les années 40, s’assombrit sensiblement dans la période de l’après-guerre. Skinner écrira plus tard : « Le behaviorisme m’attira parce que je croyais, comme Watson, qu’une meilleure connaissance du comportement humain nous aiderait à surmonter nos difficultés »....
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