Spleen (explication du poème et synthèse générale sur les notions de spleen et d’idéal)

Pages: 25 (6155 mots) Publié le: 27 juin 2012
SPLEEN (explication du poème et synthèse générale sur les notions de spleen et d’idéal)

Pour ce qui concerne la notion de « spleen », voir la synthèse qui porte sur le spleen chez Baudelaire : la notion doit être présentée et définie dans l’introduction, à l’oral.
Dernier dans la série des quatre poèmes à porter le titre « Spleen », ce texte évoque une phase aiguë du mal-être baudelairien.Certes, il s’agit bien, comme dans les autres poèmes intitulés aussi « spleen », de grande tristesse, d’accablement, de renoncement à l’  « Espérance », de lente mort spirituelle (on pourrait parler de « dépression » mais ce terme sonne trop moderne pour Baudelaire). Mais ici, tout l’effort esthétique du poète a porté sur l’organisation dramatique de cette crise en trois temps, on diraitvolontiers : en trois actes. Ensuite, on analysera un réseau d’images frappantes et suggestives, sans oublier les sonorités, si importantes et suggestives elles aussi.

1 – LES ETAPES D’UNE CRISE

La composition du poème est très intéressante dans ce poème : on peut dégager trois parties qui correspondent aux étapes d’une crise spirituelle ; il s’agit bien d’une crise spirituelle même si elle semanifeste aussi par des sensations d’ordre physique.

La montée de la crise : les trois premières strophes


Elle s’effectue dans les trois premières strophes, dont la structure syntaxique est révélatrice. Il s’agit en effet de trois propositions subordonnées temporelles introduites par la conjonction « quand » (anaphore avec la répétition de « Quand »): la répétition est au service d’un effetd’accumulation (les propositions s’accumulent comme les nuages gris dans le ciel : la syntaxe renforce le sens des mots ; et la répétition inhérente à l’anaphore est à mettre en rapport avec l’expérience de l’ennui, qui implique un temps répétitif où rien de nouveau n’advient). L’atmosphère psychologique est de plus en plus angoissante. Les éléments du paysage (le ciel, la terre, la pluie) sont l’unaprès l’autre associés à des images qui interdisent toute échappée (clôture de l’espace): « couvercle » (v. 1), « cachot » (v. 5), « barreau » (v. 10). L’étude du lexique (vocabulaire) fait apparaître comme dominants le thème de l’oppression, puis celui de la claustration, de l’enfermement. Dans la première strophe, les adjectifs « bas et lourd », le verbe « pèse » et le substantif « couvercle » (v.1), suggèrent, avec une intensité croissante, l’idée d’écrasement physique et d’étouffement moral. L’espace alors se rétrécit, en commençant par l’horizon, qui enserre de son « cercle » (v. 3), en continuant par la « terre […] cachot » (v. 5) qui, sous nos yeux, se ferme par les côtés (« murs », v. 7) et par le haut (« plafonds », v. 8) ; et si les « barreaux » (v.10) de la pluie, multipliés àl’infini, rendent la « prison » plus « vaste », ce n’est pas pour la faire plus habitable, mais pour affirmer l’universalité d’une réclusion à caractère obsessionnel : la condition de l’homme sur terre est d’être comme un prisonnier, séparé de l’Idéal comme le prisonnier est privé de liberté (Baudelaire reprend cette vision pessimiste de l’homme au penseur janséniste Pascal qui vivait au XVII). Al’opposé, l’Idéal selon Baudelaire sera souvent associé à l’espace lumineux ouvert, appelant l’ivresse du mouvement sans obstacle ; quand un espace délimité est évoqué en liaison avec l’Idéal, il est protecteur, maternel (cf le port ou la chambre), maintenant une ouverture, une communication avec un au-delà (le port protège et ouvre sur la mer par exemple : il permet de réconcilier idéalement ouverture etfermeture, protection et liberté).

La conscience appelée ici « l’esprit » (v. 2) devient essentiellement passive : le participe « gémissant » signale à la fois la souffrance endurée et l’absence d’énergie pour la surmonter. L’esprit, donc, subit à la fois l’oppression extérieure et le malaise intérieur, comme le marque l’expression « en proie aux longs ennuis » (v. 2.) L’ennui, ici,...
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