Dictionnaire philosophique

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Les thèmes abordés

Le Dictionnaire philosophique comprend 118 articles. Ils ont cependantun fil directeur en commun tout au long de l’ouvrage : la lutte contre l’intoléranceet le dogmatisme. Voltaire traite également très souvent de la question de lareligion.

 

A. L’intolérance

 

Le Dictionnaire philosophique se trouve dans la lignée des grandesœuvres du siècle des Lumières et tourne principalement autour de la luttecontre l’intolérance. C’est également une continuation du combat de Voltairequi a toujours condamné l’intolérance dans ses œuvres et dans sa vie (l’affaireCalas). Sa devise, « écrasez l’infâme », implique d’écraser l’intolérance,avec le fanatisme et la superstition.

Voltaire s’attaque àl’intolérance en général mais il reste néanmoins qu’à cette époque l’intolérancereligieuse est celle qui se manifeste le plus et c’est celle-ci qu’il dénonce d’abord :« Il faut avouer, au contraire, que parmi nous touteÉglise a voulu exterminer toute Église d’une opinion contraire à la sienne. Lesang a coulé longtemps pour des arguments théologiques ; et la toléranceseule a pu étancher le sang qui coulait d’un bout de l’Europe à l’autre»

La condamnation de l’intolérance est radicale. Pour Voltaire, êtreintolérant, c’est être un monstre, car la tolérance est l’apanage de l’humanité :« Il est clair que tout particulier qui persécute un homme, sonfrère, parce qu’il n’est pas de son opinion, est un monstre. »

Voltairene vise pas uniquement les simples citoyens qui font preuve de fanatisme, ildénonce aussi le pouvoir politique qui, plus éclairé que la population, ne cèdepas au fanatisme mais use de l’intolérance comme d’un moyen politique : « mais le gouvernement, mais lesmagistrats, mais les princes, comment en useront-ils envers ceux qui ont unautre culte que le leur ?…. Il les paye en Saxe par politique ; il les brûle parpolitique à Paris. »

Il fautranger dans la critique de l’intolérance tout ce qui l’accompagne : torture,guerres, meurtres. Voltaire consacre d’ailleurs des articles à ces thèmes dansson dictionnaire.

 

B. Dieu

 

En dehors de l’article sur Dieuoù il traite du sujet, Voltaire revient très longuement sur la notion dedivinité dans plusieurs de ses articles (« Athéisme »,« Fanatisme », « Miracles », « Persécution »,« Superstition », « Tolérance »). Le philosophe estdéiste : il croit en un être suprême, bon et juste. Il refuse la représentationchrétienne du Dieu jaloux et vengeur qui exige une soumission totale sansréflexion. Pour Voltaire, la nature de Dieu est d’être « puissant etbon ». Les Livres Saints sont pour lui non seulement absurdes maisimmoraux.

Voltaire croit donc en un Dieusage et éclairé mais n’accorde pas de crédit à la religion. Pour lui, chaquehomme peut ressentir la présence de Dieu et se conformer à sa volonté sans pourautant devoir appartenir à une communauté de dogmes et de foi. Pour obéir àDieu, il suffit simplement d’être « unbon père, un bon mari, un bon citoyen ». Voltaire condamne en ce sens toutesles religions, y compris la religion catholique : « Redisons tousles jours à tous les hommes : “la morale est une, elle vient de Dieu ; lesdogmes sont différents, ils viennent de nous.” » ; « Toute secte, en quelquegenre que ce puisse être, est le ralliement du doute et de l’erreur. Scotistes,thomistes, réaux, nominaux, papistes, calvinistes, molinistes, jansénistes nesont que des noms de guerre. Il n’y a point de secte en géométrie ; on nedit point un euclidien, un archimédien. Quand la vérité est évidente, il estimpossible qu’il s’élève des partis et des factions. Jamais on n’a disputé s’ilfait jour à midi. »

On peut cependant reprocher àVoltaire son antijudaïsme. En effet, il est très virulent à l’égard des Juifset une lecture de ses textes, à notre époque, pourrait facilement mener àl’accuser d’antisémitisme : « C’est à regret que jeparle des Juifs : cette nation est, à bien des égards, la plus détestablequi ait jamais souillé la terre. » En fait, Voltaire s’attaquesurtout à la tradition juive plutôt qu’aux Juifs en tant que tels.

 

C. L’égalité et la justice

 

Voltaire a une approcheoriginale de l’égalité. S’il estime qu’elle est indiscutable – « Il est clair que tous les hommesjouissant des facultés attachées à leur nature sont égaux » –, il nese fait cependant aucune illusion. Les disparités matérielles et certains aléasde la vie engendrent nécessairement une inégalité entre les hommes : « Tous les hommes seraient doncnécessairement égaux, s’ils étaient sans besoins ; la misère attachée ànotre espèce subordonne un homme à un autre homme ; ce n’est pasl’inégalité qui est un malheur réel, c’est la dépendance. »

Voltaire clame une égaliténaturelle entre les hommes mais reconnaît qu’elle est impossible. Tout hommesouhaite en effet dominer les autres, c’est un penchant naturel. Il appartientdonc à la société de créer une justice éclairée et une équité sociale pouréviter le chaos car l’injustice sociale, lorsqu’elle est ressentie par lepeuple, fait éclater « des guerres,comme celle du parti populaire contre le parti du sénat à Rome, celles despaysans en Allemagne, en Angleterre, en France»

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