Eléments de philosophie

par

Les passions positives

Les émotions et l’affection font partie de la nature humaine et nous nous retrouvons souvent sur leur joug. L’auteur distingue deux types de passions. D’un côté, il y a les passions « positives » telles que le bonheur et l’amour. Le premier état auquel s’intéresse Alain est le bonheur. Nous sommes tous à la recherche du bonheur. Nul n’aspire à être malheureux. La quête du bonheur est une passion. L’auteur estime que cette quête est une conception propre au profane. Il souligne que le bonheur est en nous, fait partie de nous et il est paradoxal d’aller à la conquête de quelque chose qui se trouve déjà en nous : « Car le bonheur n'est pas quelque chose que l'on poursuit, mais quelque chose que l’on a. ».

L’amour, quant à lui, est une autre passion qui nous pousse à nous dépasser. Il existe une distinction claire entre les plaisirs de la chair et l’amour. L’association des plaisirs de la chair et l’amour résulte du désir d’affirmer son pouvoir sur son partenaire. Ce désir n’est pas mauvais en soi car cette volonté est compréhensible. C’est une source de fierté de savoir que le partenaire nous « appartient ». Une telle certitude nourrit notre confiance, notre fierté : « Personne n'aimera une folle ; aucun amant ne songera seulement à violence ou surprise. Je la veux sage et inaccessible, si ce n'est pour moi, et encore de bon vouloir et même avec bonheur. Rien ne plaît mieux que les signes de la vertu et du jugement, chez une femme jeune et belle. ». L’amour est donc extrêmement égoïste, tout chez l’être aimé doit débuter et s’achever par nous. Ici, une fois de plus, les signes interviennent. En effet, l’amour est un ensemble de signes nécessitant un décodage et une interprétation. L’amour repose sur ces signes : « Et ce qui fait voir que l'interprétation des signes est la vraie nourriture de l'amour, c'est que l'amour se fortifie par les obstacles. ». Il suffit d’une mauvaise interprétation d’un signe pour que surviennent des obstacles. Même s’il est vrai qu’ils sont balayés par l’ambition qu’engendre l’amour.

En effet, l’ambition est un pan de l’amour. Cette ambition permet de développer une confiance qui place notre amour à l’abri de certaines difficultés. L’auteur souligne à cet effet : « On dit souvent que l'ambition succède à l'amour, et l'avarice à l'ambition, selon le cours de l'âge. On voit assez clairement pourquoi l'âge glace les amours, comment les moyens de plaire changent avec les années, et quel genre de puissance peut appartenir à un vieillard. La maturité de l'âge transforme déjà l'amour en une sorte d'ambition. Il y a une sûreté de soi, un mépris de beaucoup de choses, un air d'indifférence, qui agissent sur l'esprit le mieux prévenu. ».

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