Humanités

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Résumé

Humanités est une œuvre d’Alain (Émile-AugusteChartier ), écrivain, penseur et philosophe français des XIXème et XXèmesiècles.

L’ouvragefut publié en 1946 aux éditions des Presses Universitaires de France.

 

Dans ce recueil, lephilosophe Alain délaisse un peu sa discipline au profit de la critique d’artet formule un certain nombre de réflexions principalement sur la littérature,mais aussi la musique et la peinture – plus particulièrement sur quelquesartistes.

 

Rabelais

Alain remarqueavant toute chose le génie poétique de Rabelais, qui fait plus qu’un autresonner le langage ; mais ce ne sera pas l’objet principal de sondéveloppement : il apprécie chez lui l’ivresse générale, celle du vin biensûr, mais aussi celle de la nourriture, celle de la guerre, celle des mots.Cette ivresse permet d’esquiver tous les écueils, comme le ridicule du tonépique, et, puisqu’elle appelle la création d’un nouveau langage (« bien nommer,c’est beaucoup nommer »), elle réduit l’arbitraire du signe. En effet, lesmots créés par Rabelais font immédiatement sens, le signifié étant inhérent ausignifiant.

 

Saint-Simon

Il semblequ’Alain veuille convaincre le lecteur, par cet article, d’entamer les lecturesdes Mémoires de Saint-Simon. Après une courte présentation de l’œuvre etde ses conditions d’écriture, il détaille la vie et la personnalité del’auteur, pour la simple raison que Saint-Simon ne s’est pas préoccupé du styleet que de fait, son style découle directement de sa personnalité. Alain évoque lasympathie de Saint-Simon pour les frondeurs, les jansénistes, et Louis XIII,puis il questionne la qualité historique du texte. Tout en affirmant que laprétention à la vérité de Saint-Simon est illusoire, il considère qu’il fautchercher comment ce qu’écrit l’auteurest vrai, au lieu de chercher sic’est vrai.

 

Le poète et le roi

Sous-titré :« Essai sur la grandeur d’après Louis XIV », cet article découle duprécédent en ce qu’il part des Mémoires de Saint-Simon, et de ce qu’ilécrivait sur Louis XIV. Alain offre une réflexion sur la manière dont l’aurades rois est restituée par les écrivains, notamment Shakespeare et Corneille. Sonregard sur les monarques est positif, il les donne comme des champions du librearbitre. Le dernier temps de la réflexion assimile roi et poète.

 

En lisant Fielding

Alain démontre enquoi les romans de Fielding sont décisifs dans la littérature, marquant unavant et un après. D’après lui, le romancier a enrichi la vision de l’homme etdu monde, et il n’est plus possible, sans avoir l’air grotesque, d’utilisercertains stéréotypes paresseux. Fielding a transgressé le récit traditionnel enpartant du principe qu’aucune histoire ne pouvait se résoudre : chaqueaction en produisant d’autres, il est impossible d’arriver à un dénouement.

 

Du romanesque d’ambition ou de l’amour selonStendhal

Alain analyse lerapport entre l’amour et l’ambition dans les grandes œuvres romanesques deStendhal, c’est-à-dire Le Rouge et le Noir, La Chartreuse de Parmeet Lucien Leuwen, et constate que l’amour y est le fait de l’ennui, quel’homme y ambitionne de hautes positions simplement pour accéder aux femmes depouvoir. Alain souligne l’aspect diabolique de cette vision du monde et desrelations humaines.

 

Gobineau romanesque

Alain cherche àréhabiliter les qualités de Gobineau écrivain, qu’on a facilement tendance àcondamner pour ses théories ouvertement racistes, en démontrant qu’il est aussidoué que Stendhal pour relater les relations amoureuses (et ce sans plagierStendhal – ce qu’on reproche beaucoup audit Gobineau). Le talent de Gobineauserait tel que les problématiques raciales s’y dissoudraient en réalité.

 

Le style de Balzac

Alain seconcentre sur les romans totalement ou en partie épistolaires de Balzac, etmontre que l’écrivain a réussi à honorer le dessein drastique qu’il s’étaitdonné de concurrencer l’état civil. À la fois sociologue et historien, Balzac,d’après Alain, exprime parfaitement son époque. Alain passe la dernière partiede l’article à donner un ordre de lecture à ceux qui veulent s’attaquer à LaComédie humaine.

 

La situation du poète : hommage à VictorHugo

Alain fait unelecture politique d’un nombre choisi de poèmes de Victor Hugo. Ce qui enressort est un fort désir de progrès allié à une grande déception que leprogrès n’ait pas lieu effectivement.

 

Le déjeuner chez Lapérouse

Suite à undéjeuner avec Paul Valéry, que notre auteur considère comme un génie, celui-cidécide de faire un portrait d’Alain. Dans un deuxième temps, Alain explique queValéry le bouleverse tant qu’il sent en lui monter des désirs d’écriturepoétique, ce qui l’amène à des considérations lyriques sur le lien entre poésieet philosophie.

 

Hommage à la poésie

Suite à la mortde Paul Valéry, Alain rédige cet hommage plus qu’élogieux. Il y fait de Valéryle plus grand poète de tous les temps, et le décrit comme l’honnête homme parexcellence, intransigeant mais curieux de tout. Il le conçoit commel’anti-Bergson, Bergson étant pour Alain l’incarnation de la pensée modernedans toute sa mollesse.

 

Le langage de Jean-Sébastien Bach

Alain part deconsidérations sur la musique de Bach en particulier – il approuve Goethe quila décrit comme les entretiens de Dieu avec lui-même avant la création – pourarriver à des considérations sur l’importance de la musique en général.

 

César Franck

Alain, analysantla musique de ce compositeur franco-belge du XIXe siècle, découvreque sa particularité, qui serait aussi la particularité de la musique moderneen général, est d’être dépourvue d’orgueil, parce qu’elle est dépourvue desentiment (l’orgueil étant le vice du sentiment, dit Alain).

 

Ingres ou le dessin contre la couleur

Alain se sert desœuvres d’Ingres pour montrer que la peinture implique nécessairement unetension entre le dessin et la couleur. Le dernier temps de son raisonnementconsiste à faire valoir la littérature comme art pictural.

 

K.-X. Roussel

Alain loue lepeintre K.-X. Roussel, en rougissant un peu de si mal connaître la peinturemoderne. En voyant ses lithographies, « on comprend alors un peu ce quec’est que le génie du peintre, et comment il invente en ayant l’air de copier,enfin comment il donne de l’esprit à tout, même aux surfaces si assurées desnatures mortes ; et ces natures-mortes sont, à leur tour, modèles d’unmonde où tout est mort, et qui crée de l’esprit ». Alain postule que lethéâtre serait la clef de tous les autres arts ; quand on le considèredans son rapport avec l’art pictural, le théâtre semble en effet consister àanimer des peintures.

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