La richesse des nations

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Adam Smith

Adam
Smith est un philosophe et économiste écossais né à Kirkcaldy (Écosse) en 1723
et mort à Édimbourg en 1790. Si son œuvre comporte peu d’idées nouvelles, il a
accompli une synthèse des travaux disponibles à son époque, considérée aujourd’hui
comme étant à la base de l’économie politique, et ayant marqué de son empreinte
le processus d’industrialisation de l’Angleterre au XVIIIe siècle et
au siècle suivant, et par rebond le développement économique au niveau mondial.

Adam
Smith est le fils d’un contrôleur des douanes qui meurt avant sa naissance.
C’est un élève brillant, qui entre à quatorze ans à l’université de Glasgow.
Là, il suit l’enseignement de philosophie morale de Francis Hutcheson, l’un des
pères fondateurs des Lumières écossaises, dont la pensée s’émancipe de la
théologie et influence le jeune Adam, qui développe son amour pour la liberté,
la raison et la libre parole.

Il part
ensuite étudier la théologie à Oxford, poussé par sa famille, mais il juge l’enseignement
inférieur à celui dispensé à Glasgow, où il retourne suivre des cours. En 1750,
il rencontre son aîné de plus de dix ans David Hume, avec qui il partage beaucoup
sur des sujets touchant à l’histoire, la philosophie, la politique, l’économie et
la religion. L’année suivante il devient professeur de logique à Glasgow, puis
de philosophie morale, à la suite de son maître Hutcheson. Son enseignement
délaisse la théologie naturelle au profit de considérations éthiques et
économiques.

En 1759
il publie sa Théorie des sentiments
moraux
(The Theory of Moral
Sentiments
), où Smith cherche à comprendre comment l’homme et la société –
et ses aspects mercantiles – sont devenus ce qu’ils sont, leurs côtés pérennes
ou imparfaits. Il ne s’agit donc pas d’une œuvre prescriptive – Smith n’imagine
pas une société idéale – mais explicative. Le philosophe dialogue avec ses
prédécesseurs, prolonge leur pensée ou s’oppose à eux, que ce soient son maître
Hutcheson, son ami Hume, ou Mandeville, Shaftesbury et Hobbes. Smith introduit ici
le concept de « spectateur impartial », qui lui permet d’analyser
comment, par une « sympathie réflexive », l’homme passe des jugements
moraux portés sur autrui à ceux qu’il forme sur lui-même.

En 1763
il quitte l’université et devient le tuteur du jeune duc de Buccleugh auprès
duquel il voyage à travers l’Europe. Après avoir observé les activités commerciales
autour du port de Glasgow, il peut prolonger ses observations à Toulon, Genève
et surtout à Paris, jusqu’en 1766. En France, Smith rencontre les plus grands
philosophes et économistes du temps, qui ont apprécié sa Théorie des sentiments moraux. Il subit parmi eux l’influence des
physiocrates qui autour de François Quesnay prônent un ordre naturel pour la
gestion économique ; ils mettent en avant le laissez-faire, le
laissez-passer et la prééminence du travail de la terre.

De retour
à Kirkcaldy, Smith travaille à son œuvre majeure, dont le titre complet est Recherches sur la nature et les causes de la
richesse des nations
(An Inquiry into
the Nature and Causes of the Wealth of Nations
), plus connue sous le nom de
La Richesse des nations, qui fait de
lui le principal théoricien de l’école libérale et qui inaugure l’âge moderne
de l’économie à sa publication en 1776. Smith y sépare l’activité morale, qu’il
a analysée dans son précédent ouvrage, de l’activité économique qui elle repose
sur l’intérêt individuel, et non plus sur la sympathie. Il déplace le centre
d’intérêt des physiocrates de la nature vers la notion de travail, qui est à la
source des produits consommés par la nation. Smith met en avant la nécessité
d’une division du travail, d’une répartition du processus de production, d’une
parcellisation des tâches donc, pour accroître la productivité. L’économiste
prend soin de distinguer la « valeur d’usage », qui est l’utilité
d’un bien pour son détenteur, et la « valeur d’échange » du bien, qui
correspond au pouvoir qu’il confère d’en acquérir d’autres. Il analyse par là
les mécanismes de la croissance d’une nation, en articulant les trois notions
cardinales de travail, capital et rente. Il prône la liberté d’agir de l’individu et la réduction de
la place de l’État dont il analyse les dépenses publiques indispensables et le
calcul de l’impôt qu’il doit envisager. Sa grande connaissance de l’historique
économique lui permet de confronter ses réflexions à de nombreux faits.

Cet
ouvrage est à l’origine de la fondation de « l’école classique »,
dénommée ainsi par Karl Marx dans Le
Capital
, à laquelle appartiendront Ricardo, Malthus, Mill, Turgot ou
Jean-Baptiste Say, lequel dira de Smith : « Lisez Adam Smith comme il
le mérite et vous vous apercevrez qu’avant lui l’économie politique n’existait
pas. » Marx reprend à Smith son observation selon laquelle la rémunération
du travailleur ne couvre pas la totalité de son travail.

L’ouvrage
fait connaître Smith rapidement. Il devient commissaire des douanes à Édimbourg
en 1778, ville dont il devient recteur de l’université en 1787. À sa mort trois
ans plus tard ses textes inédits sont détruits, mais paraîtront tout de même en
1795 ses Essais sur des sujets
philosophiques
(Essays on
Philosophical Subjects
) qui couvrent des questions relatives à l’histoire
de l’astronomie, à la logique, à la physique et à la métaphysique, puis en 1896
ses Leçons sur la justice, la police, les
revenus et l’armée
(Lectures on
Justice, Police, Revenue, and Arms
), qui réunissent des cours donnés à ses
étudiants à Glasgow.

L’œuvre
majeure de Smith a éclos dans un contexte particulier ; pendant les années
1770, l’Angleterre est la première puissance mondiale ; la technique
connaît des progrès fulgurants, la population s’y accroît fortement et ses
relations extérieures sont conditionnées par la guerre d’indépendance
américaine – autant de facteurs qui poussent le pays sur la voie d’une
industrialisation galopante à laquelle s’adapte parfaitement les leçons de
Smith. C’est donc à travers le succès de l’Angleterre que les idées libérales
de l’économiste essaimeront dans le monde entier.

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