La sorcière de la rue Mouffetard

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Résumé

À Paris, dans le quartier des Gobelins, habite une sorcière vieille et moche qui rêve d’être la plus belle fille du monde. En lisant le journal des sorcières, elle découvre comment devenir jeune et jolie ; le journal explique : « Mangez une petite fille, / À la sauce tomate ! ». Mais pas n’importe quelle petite fille, celle-ci doit porter un prénom commençant par la lettre N.

Dans le même quartier parisien des Gobelins vit une petite fille, Nadia. Nadia est la fille aînée de Saïd, l’épicier de la rue Broca. Et la sorcière décide de manger la petite, qui a un prénom approprié, à la sauce tomate. Un jour, alors que Nadia se rend à la boulangerie, une vieille dame l’interpelle et lui demande un service : elle veut que la petite fille aille lui chercher une boîte de sauce tomate à l’épicerie de son père. Nadia étant serviable et généreuse, et cette vieille dame ayant l’air fatigué, la petite fille accepte, sans s’apercevoir qu’il s’agit d’une sorcière.

Nadia se rend à l’épicerie où elle choisit une boîte de sauce tomate ; mais alors qu’elle s’apprête à l’apporter à la vieille dame, son père Saïd l’interrompt et lui explique que si la vieille dame a besoin de sauce tomate, elle doit venir la chercher elle-même. La petite fille, docile, écoute son père et n’apporte pas la boîte de sauce tomate à la sorcière.

Le lendemain, Nadia rencontre de nouveau la vieille dame, qui lui demande pourquoi elle ne lui a pas apporté la sauce tomate comme prévu. Un peu gênée, Nadia explique à la sorcière le refus de son père. La sorcière décide donc de se rendre elle-même à l’épicerie de la rue Broca. En arrivant, l’épicier Saïd questionne la vieille dame sur l’usage qu’elle souhaite faire de la sauce tomate. La sorcière s’emmêle les pinceaux et manque se trahir, obsédée qu’elle est par la petite Nadia. Mais Saïd n’y voit que du feu et donne à la vieille dame la boîte de sauce tomate. La sorcière demande alors au père de Nadia si sa petite fille peut lui livrer la boîte de sauce tomate, qu’elle juge trop lourde. Subitement sur ses gardes, Saïd lui oppose un refus et la sorcière repart, penaude, avec sa commission.

Embêtée, la sorcière trouve une nouvelle idée pour faire venir Nadia chez elle : le lendemain, elle se déguisera en marchande de la rue Mouffetard, là où Nadia fait ses courses, et elle attrapera la fillette.

Le premier jour, la sorcière se déguise en bouchère ; mais Nadia veut du poulet et la sorcière n’en a pas. Le deuxième jour, la sorcière se déguise alors en marchande de volailles, mais cette fois-ci Nadia a besoin de viande rouge. Le troisième jour, la sorcière se déguise en marchande de viande rouge et de volaille, mais Nadia souhaite acheter du poisson. La sorcière est ennuyée. Elle décide alors, le jour suivant, de revêtir l’apparence de toutes les marchandes de la rue Mouffetard, pour être sûre que la petite fille viendra lui acheter quelque chose. Le lendemain, les deux cent soixante-sept marchandes de la rue Mouffetard sont donc incarnées par la sorcière ! Alors que Nadia vient acheter des haricots verts, la sorcière l’attrape subitement et l’enferme dans le tiroir-caisse.

Le petit frère de Nadia, Bachir, s’inquiète de ne pas voir sa grande sœur rentrer des courses ; il en déduit que la sorcière l’a attrapée et décide d’aller la sauver. Il se rend alors rue Mouffetard déguisé en guitariste aveugle. Il explique aux deux cent soixante-sept marchandes de la rue, toujours incarnées par la sorcière, qu’il aimerait chanter la chanson « Nadia, où es-tu ? » en échange d’un peu d’argent. Les marchandes refusent d’abord, puis finissent par accepter, à condition que Bachir chante à voix basse.

Outrepassant la consigne, Bachir se met à chanter d’une voix forte : « Nadia, où es-tu ? / Réponds, que je t’entende ! », pendant que les marchandes le supplient de chanter moins fort. Finalement, Nadia entend la chanson de son petit frère et lui répond. Les marchandes se jettent alors sur le petit garçon, bien conscientes de ce qui se trame. Armé de toute sa bravoure, Bachir assomme l’une d’elles avec sa guitare : les deux cent soixante-six autres s’effondrent en même temps ! Bachir entend sa grande sœur depuis la boutique de légumes, vers laquelle il se dirige, mais les deux cent soixante-sept marchandes reprennent connaissance au même moment. Il parvient néanmoins à les assommer de nouveau, d’un coup de guitare sur l’une d’elles. Bachir s’échine à forcer le tiroir-caisse, sans succès. Les marchandes pendant ce temps se réveillent discrètement et se dirigent dangereusement vers lui. Heureusement, un marin très fort passe dans la rue Mouffetard : Bachir l’alpague et lui demande de porter le tiroir-caisse jusqu’à la maison familiale ; en échange, Bachir promet de l’argent au marin. Au moment où Bachir passe le tiroir-caisse au marin, une marchande l’attrape par le pied, faisant perdre son équilibre au petit garçon : le tiroir-caisse tombe alors sur la tête de la marchande et lui fend le crâne. Les deux cent soixante-six autres marchandes se retrouvent aussi le crâne fendu : la sorcière est morte !

En même temps, le tiroir-caisse s’est ouvert, délivrant Nadia qui rentre chez elle avec son petit frère, qu’elle embrasse pour le remercier. Le marin, de son côté, se paie avec l’argent de la sorcière.

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