Le Colonel Chabert

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Résumé

         Le roman commence in medias res dans le tumulte de l’étude de la maison de maître Derville, un avoué. Six clercs s’y affairent : en même temps qu’ils font leur travail de copistes, ils lancent à la volée des plaisanteries rabelaisiennes et préparent un mauvais tour qu’ils comptent jouer à un pauvre vieil homme qui vient régulièrement demander à voir leur patron. Cette fois, ils prévoient de lui annoncer que maître Derville ne reçoit qu’après minuit. Le vieil homme paraît et après avoir reçu l’information fallacieuse, les clercs lui demandent, pour les départager dans un pari, de décliner son identité. Le vieil homme se présente comme le colonel Chabert, officier célèbre censé avoir trouvé la mort pendant la bataille d’Eylau. D’ailleurs, sa femme, Rose Chapotel, dont maître Derville gère les affaires, est remariée avec le comte Ferraud, conseiller d’État.

         Le colonel Chabert revient à une heure du matin et Maître Derville accepte de le recevoir. D’abord l’avoué est incrédule, mais tandis que le colonel narre une bataille, il se rend compte que le vieil homme est tout à fait lucide. Il lui demande de raconter son histoire.

         À la bataille d’Eylau, le colonel Chabert a reçu un violent coup d’épée à la tête qui l’a laissé sans connaissance. On l’a cru mort et jeté dans une fosse commune. Il s’y est réveillé peu de temps après, est parvenu à s’extirper difficilement de la masse de cadavres avant que des paysans ne le recueillent et le soignent. À son retour en France, c’est la désillusion : alors que les Allemands l’avaient officiellement reconnu, personne ne veut ici croire qu’il est le colonel Chabert et il tombe dans une déchéance totale. Pire, son épouse a profité de sa mort pour entrer dans l’aristocratie, et de fait elle refuse de le reconnaître ou de lui donner le moindre sou, quand bien même elle lui doive sa fortune. Depuis lors, le colonel cherche un défenseur. Ému par ce récit, maître Derville accepte de l’aider et de lui prêter un peu d’argent en attendant le procès.

            Trois mois plus tard, maître Derville, qui commence à douter de la véracité des propos de son nouveau client, reçoit une lettre d’Allemagne qui confirme l’identité du colonel. On apprend en même temps que la fortune du colonel a été considérablement réduite à cause notamment des dépenses de son épouse. Maître Derville va rendre visite au colonel pour le mettre au courant des avancements de l’affaire et il est très surpris de le trouver dans une piteuse maison de campagne, où il a pour toute couche un tas de paille. On apprendra un peu plus tard que le colonel a dépensé l’argent emprunté à Derville pour entretenir la petite famille misérable de son camarade vétéran à qui appartient la bâtisse. Ses membres ont toujours accepté de le loger et le colonel refusait de les quitter du jour au lendemain sous prétexte qu’il avait subitement un peu d’argent. Maître Derville lui conseille de ne pas essayer de récupérer sa femme, mais au contraire de faire annuler le contrat de mariage. Le colonel s’en remet pleinement à Derville, qui part aussitôt s’entretenir avec celle qu’on appelle désormais la comtesse de Ferraud.

            Sur le chemin, Derville élabore une stratégie pour faire plier la comtesse. Finalement, il la manipule en lui montrant qu’elle peut perdre tout ce qu’elle a durement acquis si elle décide de lutter contre le colonel. Acculée, elle admet que celui-ci n’est pas un imposteur et s’en remet comme lui à Derville. Avant qu’il parte, elle demande cependant si le colonel est toujours amoureux d’elle ; Derville confirme.

            Quelques semaines plus tard, Maître Derville s’entretient avec la comtesse dans son étude pour négocier son arrangement avec le colonel mais elle se montre très dure et ne cède sur rien. Le colonel, qui n’était pas convié, fait soudain irruption et agresse verbalement sa femme qui s’en va. Maître Derville réprimande le colonel pour cette attaque peu stratégique ; il lui conseille de se faire petit car la comtesse pourrait facilement le faire enfermer chez les fous.

            À peine le colonel sorti de chez maître Derville, la comtesse surgit et mène son premier mari dans sa maison de campagne. Tirant parti des sentiments toujours vifs du colonel à son égard, la comtesse obtient de lui qu’il renie son identité. Mais alors qu’il s’apprête à signer les papiers pour ce faire, le secrétaire Delbecq lui dit qu’à sa place il irait jusqu’au bout de son procès gagné d’avance. Le colonel a un éclair de lucidité et fuit, avec la ferme intention de se suicider. Finalement, il ne passe pas à l’acte et retourne voir la comtesse. Après lui avoir formulé tout son mépris, le colonel renonce à son nom et se retire. La comtesse, qui a promis de rembourser maître Derville pour tout l’argent prêté au colonel pendant l’affaire, lui envoie en lieu et place une lettre mensongère, expliquant que le colonel était un imposteur. L’information déçoit beaucoup maître Derville.

            Vingt ans après, l’avoué retrouve le colonel dans un hospice et lui reproche ses mensonges. Le colonel prend alors conscience que la comtesse a manqué à sa promesse, et maître Derville qui entend la vérité se rend compte qu’il a été trompé. Il laisse seul le colonel, devenu à moitié fou et absolument misanthrope. Écœuré par le destin du colonel Chabert, Derville décide d’abandonner ses fonctions et de se retirer à la campagne avec sa femme. 

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