Le Humbug

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Résumé

L’histoire commence en mars 1863 par l’embarquement dunarrateur, originaire de la France, à bord du Kentucky pour Albany. Avant le départ du bateau, il retrouve à bordMrs. Melvil, accompagnée de sa servante noire Arsinoé. Elle lui expliquequ’elle effectue ce voyage en tant que « premier commis » de sonmari, Henri Melvil, négociant-armateur de New York. Elle doit le remplacer pourdes affaires, devant « surveillerl’arrivée d’un chargement ».

À Mrs. Melvil, le narrateur apprend que le capitainedu Kentucky a refusé à un homme de retenir pour lui seul le navire. En retard,Augustus Hopkins, car tel est son nom, manque même de peu de raterl’embarquement. Dans un ultime effort il parvient jusqu’au capitaine, sedéclare être un « libre citoyen desÉtats-Unis d’Amérique » etobtient de celui-ci qu’on accoste en vue de faire embarquer ses bagages, constituésde deux énormes caisses gardées précieusement par ses deux serviteurs noirs,Bobby et Dacopa, lesquelles ne manquent pas d’attirer l’attention despassagers.

Selon le capitaine, il ne s’agit pas du premiervoyage, ni même du premier retard d’Augustus Hopkins, et à chaque fois seschargements sont toujours aussi importants. Les spéculations à propos de sesaffaires vont bon train et Hopkins ne rate jamais une occasion de fanfaronner àpropos de sa puissance supposée. Mais on ne sait pas réellement qui il est, niquel est son véritable projet.

À l’arrivée à Albany, le père de Mrs. Melvil, FrancisWilson, offre l’hospitalité au narrateur. Ils ont un entretien durant lequelsont mises en exergue les différences entre les mœurs des sociétés américaineet française, puis le père invite le narrateur à se rendre pour le lendemain à « l’adjudication des premiers billetspour le concert de Mme Sontag », une célèbre cantatrice d’Albany.

C’est à cette occasion, alors que le chapelier JohnTurner est sûr de son enchère de mille dollars pour le premier billet,qu’Augustus Hopkins refait une apparition. Ce dernier fait monter le prix àtrois mille dollars pour s’assurer de son triomphe, ce qui achève d’humilier lechapelier, en quête de publicité pour son affaire.

Quelques jours après, Augustus Hopkins fait encore unefois parler de lui, lorsque des caisses encore plus imposantes arrivent par lebateau de New York. L’une d’elles est restée bloquée dans une rue étroite, cequi lui donne l’occasion de faire entrevoir aux habitants l’étendue de sescapacités financières. En effet, pour remédier au bouchon ainsi formé, Hopkinsfait l’achat de la maison qui constitue un obstacle au passage de son colis,avant de la faire démolir. On apprend ensuite que Hopkins est un entrepreneurdont le but est de construire une sorte d’énorme palais d’exposition sur uneplaine désertique aux environs d’Albany, dont il a déjà fait l’acquisition.

Malgré la discrétion d’Hopkins à propos de la natureprécise de son entreprise, les travaux attirent l’attention de la presse et descitoyens. Ainsi, l’on finit par apprendre que, lors du creusement desfondations, les restes d’un gigantesque squelette enfouis là probablement « depuis des milliers d’années »furent découverts. Par la suite, l’on apprend qu’il s’agit d’un géant d’unehauteur de plus de quarante mètres – nouvelle qui n’en finit pas de faireparler d’elle partout en Amérique. Le narrateur semble déjà aux aguets tandisque personne ne semble encore penser qu’il puisse tout simplement s’agir d’unesupercherie.

Hopkins déploie tous les moyens de publicité possiblespour faire parler de cette découverte, alors qu’il était initialement restésilencieux sur la construction de son bâtiment. Il donne même des cours, quisont très suivis, à propos du squelette, lequel devient très à la mode.

De son côté, le narrateur, qui regrette de devoirbientôt partir d’Albany, se rend secrètement à Exhibition Parc – tel est le nomqu’a donné Hopkins à son projet – pour voir de ses propres yeux ce qu’il en estréellement de ce squelette. Après une longue marche et beaucoup de difficultés,il peut finalement pénétrer dans l’enceinte et découvre, hilare, la tromperie àlaquelle s’est livré Hopkins. Ainsi le narrateur constate que le squelettegéant dont Hopkins parle tant n’est en fait qu’une composition d’os bovins quelui a livrés le boucher newyorkais Barckley. Le narrateur en est à cettedécouverte quand Hopkins, suivi de ses deux serviteurs noirs, le découvre etlui raconte l’histoire du couguar dont ses deux servants portent la dépouille. Ilprétend que l’animal a pénétré dans l’enceinte du bâtiment pour mettre endésordre son squelette, et il a dû le tuer, d’un premier coup de fusilprécise-t-il. Sans lui révéler qu’il a découvert son secret, le narrateurs’entretient encore avec Hopkins qui s’émerveille de la célébrité qu’il va pouvoirtirer de cette affaire – célébrité qui va encore un peu plus faire gonfler safortune.

Plus tard, le narrateur s’en retourne à Albany où lanouvelle se répand rapidement. Chacun veut se rendre à Exhibition Parc pour sefaire le témoin de cette nouveauté. La peau du couguar rapporte également del’argent à Hopkins, dont l’affaire a accru « saréputation d’homme le plus entreprenant du Nouveau-Monde ».

Par la suite, le narrateur s’en va à New York avant derevenir en France sans avoir révélé que la découverte d’Hopkins n’était autrequ’un humbug – c’est-à-dire uncanular –, ce qui ne manque pas dans cette Amérique : « J’en rapportais cette conclusion que l’avenir des artistes sanstalent, des chanteurs sans gosier, des danseurs sans jarret et des sauteurssans corde serait bien affreux si Christophe Colomb n’avait pas découvertl’Amérique. »

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