Le voyageur imprudent

par

La science au service de la recherche d’une société idéale

Le contexte du début de l’œuvre se situe en pleine seconde guerre mondiale, tandis que les hommes souffrent un peu plus chaque jour des restrictions imposées par celle-ci et des massacres dont elle est l’auteur. Cependant, Barjavel insiste sur le fait que ce sont avant tout les hommes qui sont responsables de ce malaise qui étreint la civilisation. Ainsi, la guerre n’est pas la source des malheurs des hommes du roman, mais le simple fruit d’une société déjà gangrénée dès le départ. Pour l’auteur, il semble donc inévitable de trouver un autre modèle de société qui sera moins aisément corruptible et dans lequel les hommes pourront vivre dans une harmonie plus évidente que son monde contemporain. Grâce à la science, il parvient donc à nous donner un aperçu de cette société, avec cependant toutes les nuances et les risques qu’une telle entreprise peut comprendre.

Essaillon et Saint-Menoux se voient donc chargés de comprendre par le biais de la science en quoi cette société a été contaminée, et comment on peut proposer des solutions pour remédier à cette situation, restituer aux hommes leur bonheur et stopper ce flux incessant de conflits.

Ainsi, Barjavel propose ici une conception de la science non pas contradictoire avec le développement d’une société harmonieuse, mais qui aide celle-ci à exister. En effet, la science et le progrès ne font qu’un dans Le voyageur imprudent, et l’auteur cherche à montrer qu’elle ne détient pas d’effets néfastes en elle-même. La tendance à craindre le progrès pour ce qu’il peut engendrer de mauvais, les effets désastreux que certaines inventions peuvent détenir et que la littérature de science-fiction met souvent en avant, est ici niée au profit d’une revalorisation de l’invention. Barjavel écrit son œuvre dans l’idée de redorer le blason d’une science souvent trop décriée, d’un progrès dont trop se méfient. Il met néanmoins en garde le lecteur : ce n’est pas de la science que nous devons nous méfier, mais des hommes qui la manipulent et qui se servent trop facilement, et sans scrupules, des machines qui sont mises à leur disposition. Barjavel incrimine ainsi la tendance des hommes à œuvrer pour la facilité dès qu’un nouveau moyen leur est proposé : « Toute invention peut être utilisée plus facilement au malheur des hommes qu'à leur bonheur. ». L’enjeu de l’œuvre est donc de savoir utiliser la science non plus de manière amorale et déraisonnée comme il est si souvent le cas, mais de manière sage et utile à tous. C’est donc la responsabilité individuelle que Barjavel prône par-dessus tout dans son œuvre. Il exprime la nécessité pour l’homme de devoir reconnaître la part d’action qu’il détient sur toute chose, afin de prendre conscience et de ses actes, et des capacités qu’il détient à pouvoir améliorer la vie de tous.

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