Le voyageur imprudent

par

Le rôle de l’individu dans la société

Comme nous l’avons vu précédemment, Barjavel nous montre dans son œuvre que l’homme est le seul responsable des maux dont il souffre et qu’il est inutile d’en incriminer ni la science, ni la guerre, puisque toutes dérives humaines sont le fruit de la corruption de la société.

Ainsi, pour œuvrer à son propre bien, l’individu doit trouver sa place dans la société, en trouvant le juste équilibre en responsabilité personnelle et garantie de son libre-arbitre, et partage et entraide collective. Le problème se pose justement dans l’œuvre lors de la découverte de la société complètement collectivisée futuriste que découvre Pierre de Saint Menoux en l’an 100 000.

Par exemple, les femmes sont dotées d’un nouveau rôle à but procréatif, les nommant les Mères Universelles. Dans cette société de l’an 100 000, la femme n’a plus d’enfant a elle-même, elle est simplement le moyen d’engendrer de nouveaux êtres pour le bien et la croissance de la collectivité. Ainsi, n’avoir qu’un seul enfant par choix, qu’on chérirait, et qui serait considéré comme le sien propre, serait vu comme un acte d’individualisme, et sûrement condamné. Ainsi, dans cet effort de se rendre utile à la nation toute entière, l’individu est tout de même nié en lui-même, sa personne n’est plus reconnue.

Barjavel pose donc ce problème en exagérant de manière hyperbolique les différentes classes de la société. Ainsi, en l’an 100 000, les hommes sont tous relégués de manière immuable dans la classe à laquelle ils appartiennent : les serviteurs se résignent bêtement à nourrir et à entretenir des bourgeois enracinés au sol qui passent leur temps à sourire naïvement, les femmes procréent sans nulle retenue, tandis que les ouvriers se livrent chaque jour à la même danse qu’exige leur travail… La société toute entière est régie de manière chronométrée, précise, programmée. Aucune spontanéité n’est acceptée et l’individu est totalement bafoué. «Pour le bien de tous, la force nouvelle a fixé à chaque homme une tâche précise, a modifié son corps afin de lui rendre son travail plus facile, a diminué la puissance de ses sens dans le but de lui éviter non seulement toute douleur, mais toute sensation inutile au fonctionnement de la cité. Il ne voit, n'entend, ne sent que ce qui concerne sa tâche, dont rien ne le détourne. »

En nous présentant ainsi cette société totalement déshumanisée à force de vouloir être trop tournée vers la collectivité, chacun dévolu à un rôle précis, alors Barjavel nous montre à quel point le statut de l’homme contemporain est précieux. Il nous offre un aperçu des dérives que celui-ci pourrait engendrer dans sa propre espèce, et en appelle à la raison et l’intelligence humaine afin de pallier à cette situation.

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