Les Cerfs-volants de Kaboul

par

Le rôle de l'amitié dans le roman

Khaled Hosseini met en avant dans
son œuvre les liens de l’amitié. À travers ses personnages, il tente de montrer
que les valeurs morales peuvent prendre le pas sur des valeurs d’ordre social.
En effet, les convictions profondes des personnages sauront échapper aux préconçus
de la société dans laquelle ils évoluent. Ainsi, malgré leurs multiples
différences et l’incongruité de leur amitié, Amir et Hassan restent soudés. La
beauté de l’amitié des deux héros se voit renforcée par leur combat quotidien
contre les préjugés : « Nous
n’en étions pas moins des garçons qui avaient appris à marcher ensemble, et
cela, l’histoire, les ethnies, la société et la religion n’y changeraient rien
non plus
. »

 

         A. L’amitié dans la différence

 

La société dans laquelle ils
évoluent se refuse à voir des chiites et des sunnites ensemble, les premiers
étant considérés comme inférieurs aux seconds. De nombreuses remarques sont
faites au cours de l’œuvre concernant une amitié qui, au yeux de la société
afghane, ne devrait pas exister entre Hazaras et Pachtounes. De cette façon l’auteur
dénonce les guerres de religion qui existent en Afghanistan, et qui sont sources
de nombreux conflits et massacres. Il accuse également les institutions
scolaires de participer à cette propagande en ne proposant pas ou peu de livres
d’histoire traitant du passé des Hazaras : «
Le livre expliquait que les miens avaient tué et torturé les Hazaras,
brûlé leurs maisons et vendus leurs femmes. […] Il expliquait
une foule de choses que j’ignorais, des
choses que mes professeurs n’avaient jamais évoqués.
 »

Le mélange entre population aisée et
population très modeste est également mal perçue. Amir et Hassan évoluent dans
deux milieux bien distincts : le premier connaît le luxe et mène une vie
agréable tandis que le second travaille comme serviteur et vit comme il le
peut. Cette différence n’empêche pas leur amitié mais crée malgré tout une
distance : Amir ne va pas chez son ami, il ne l’invite pas quand il est avec
ses amis et garde en tête qu’il reste son serviteur. L’auteur marque par cette
distance l’idée que la richesse peut conduire à un sentiment de supériorité,
peu importent les liens entretenus entre les protagonistes. C’est une attitude
qu’il réprouve, et qu’il condamne même ouvertement à travers le personnage de
Farid :
« (Il me désigna un vieillard vêtu
de loques qui marchait sur un chemin de terre, un gros sac en toile rempli de
broussailles sur le dos.) Voilà le vrai visage de l’Afghanistan, agha sahib.
L’Afghanistan tel que je le connais. Vous ? Vous avec toujours été un
touriste ici. Vous l’ignoriez, c’est tout. 
» La richesse offre une
sécurité qui empêche les personnes aisées d’ouvrir les yeux sur les problèmes
qui les entourent, et plus généralement ceux de leur pays.

 

         B. L’importance des valeurs morales

 

Khaled Hosseini tente de nous faire comprendre à
travers ces deux personnages que si l’opinion de la société peut être
outrepassée pour préserver une amitié, les valeurs morales sont indispensables.
Au début du roman, l’auteur nous présente deux caractères bien distincts, l’un
courageux et dévoué, l’autre lâche et peureux. Ces différences vont être à
l’origine d’une rupture irrémédiable entre les deux amis. Comme l’auteur tend à
nous le prouver au long du livre, l’amitié exige une réciprocité des sentiments
et des apports mutuels. Chacun doit pouvoir compter sur l’autre : « Jamais il ne me dénonçait cependant. Jamais
il ne révélait que l’idée du miroir, tout comme celle de jeter des noix sur le
chien, venait de moi.
 » Ce n’est que par son évolution mentale et le
rachat de ses fautes qu’Amir parviendra à mériter l’amitié que lui porte
Hassan. Pour son ami et son frère, Amir retournera dans sa patrie et affrontera
la guerre afghane afin de sauver le fils de ce dernier. L’amitié est ici
idéalisée et présentée comme une chose principalement relative à l’enfance. En
effet, seule cette période semble propice à l’épanouissement de ce genre de
liens. En grandissant, les différences qui opposent les personnages créent peu
à peu un fossé entre leurs vies. Cette amitié est d’ailleurs rompue pendant
l’adolescence, phase de transformation vers l’âge adulte. Il existe une
contradiction forte entre l’amitié idéale que nous présente l’auteur et
l’horreur de la guerre en fond qui rythme leur vie.

Les liens qui unissent les deux enfants
permettent à l’auteur de présenter une vision idéalisée de l’amitié, mais
surtout de critiquer certaines pensées étroites en l’Afghanistan où les hommes
ne sont pas tous égaux à cause de différences culturelles, sociales et
matérielles. 

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