Les Cerfs-volants de Kaboul

par

Les deux visages de l'Afghanistan

Le roman de Khaled Hosseini prend
place dans un contexte difficile, au cœur de l’Afghanistan, pays natal de
l’auteur. Ce choix lui permet de présenter une terre à laquelle il tient et
d’évoquer la guerre qu’il y a eu avec les horreurs qui en ont découlé. Il choisit
de montrer les deux facettes de ce pays : l’Afghanistan prospère, qu’il connaît
dans son enfance, puis l’Afghanistan dévasté, celui que la guerre a ravagé.

 

         1. L’Afghanistan d’avant-guerre 

 

L’Afghanistan est présenté au départ comme un
pays agréable à vivre. L’auteur se sert de ses souvenirs pour présenter
l’Afghanistan qu’il a connu avant son exil. C’est par le personnage d’Amir qu’il
montre les paysages que peut offrir sa terre natale. Il présente donc la vie des
quartiers afghans, notamment en montrant la bonne entente qui y règne, les
soirées régulières qui y sont organisées, etc. L’accent est mis sur l’aisance
de la famille de Baba par des termes mélioratifs et un champ lexical du luxe
omniprésent :
« marbre »,
« mosaïques complexes »,
« tapisseries tramées de fils d’or »,
etc. Malgré la présence d’une pauvreté sous-jacente, le lecteur a une vision
positive et agréable de ce pays. Amir évoque d’ailleurs toujours celui-ci avec
beaucoup de nostalgie ; pour lui il est synonyme de courses de
cerfs-volants et d’odeurs de brochettes dans les rues de la ville.

Dans cette première partie, Khaled Hosseini souhaite nous faire découvrir sa terre natale
dans ce qu’elle a de meilleur à offrir en pointant cependant les problèmes déjà
latents en Afghanistan.

 

         2. L’Afghanistan ravagé

 

L’auteur se sert de son œuvre pour partager le
quotidien des Afghans lors de la guerre. Il explique notamment par quels moyens
les talibans ont pu avoir accès au pouvoir. En 1978, l’armée rouge prend le
pouvoir et installe un gouvernement prosoviétique. De nombreux soulèvements ont
lieu, la répression est grande et le pays a peur. Cette angoisse touche toutes
les couches sociales. Dans son roman, l’auteur insiste de nombreuses fois sur
la volonté de changement du peuple afghan et le soulagement qu’apporte
l’arrivée des talibans en 1992. Par ses descriptions, il livre à son lecteur
une idée de l’ambiance et des pensées qui règnent alors. Si les talibans
instaurent une paix relative, la mise en place d’un gouvernement islamiste
sévère, suivant strictement les règles de la charia, fait peur. Le gouvernement
ne tolère aucune autre religion et en 1998, l’extermination des Hazaras commence,
au milieu d’un fanatisme omniprésent.

L’auteur montre à plusieurs reprises cette
exaltation religieuse, notamment lors de la lapidation publique d’un couple
infidèle : « Nous sommes ici aujourd’hui
pour appliquer la charia. Nous sommes ici car la volonté d’Allah et la parole
de son prophète Mahomet – qu’il soit béni. – sont bien vivantes en Afghanistan,
notre chère patrie. […] Il nous dit que chaque pécheur doit être puni selon son
crime ! 
». Ces situations lui permettent d’exprimer son
avis sur ce gouvernement extrémiste, notamment à travers les paroles de ses
personnages : « Et ils se prétendent
musulmans 
», lâche l’un d’eux à l’occasion de la mise à mort.

Dans son texte, Khaled
Hosseini met en lumière les massacres que son pays a dû subir et
l’attitude inhumaine que les hommes
ont pu avoir pendant cette période. Il dénonce les réseaux de pédophilie, les
actes de torture gratuite et rappelle l’horreur qui y régnait : « Kaboul répondait alors parfaitement à la définition de l’enfer sur
terre
 ». Il n’est alors plus question d’un livre sentimental mais
d’une œuvre engagée, qui livre sans détours les horreurs de la guerre afghane.
Autour d’une histoire d’amitié, l’auteur aborde l’histoire de son pays. Ce
second visage de l’Afghanistan est plus cru, plus poignant, et amène le lecteur
à découvrir toutes les facettes de la guerre.

 

L’œuvre mêle donc tranches de vie et texte
documentaire. En montrant les paysages variés de l’Afghanistan, l’auteur pointe
aussi les différentes facettes de l’homme confronté à ses instincts primaires. En
outre, l’écriture simple et sincère de Khaled Hosseini permet une approche
nouvelle de la guerre en Afghanistan, seulement deux ans après les événements.
Rares sont à l’époque les ouvrages traitant de ce sujet.

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur Les deux visages de l'Afghanistan >