Sincèrement vôtre, Chourik

par

Présentation du monde soviétique

L’auteure se propose de nous faire partager, à travers sonroman, sa connaissance d’un pays et d’une culture qu’elle affectionneparticulièrement. Ainsi, le lecteur peut se laisser emporter par la magie desnoms russes, le décor des rues ainsi que les grandes fêtes qui rythmentl’année.

 

1. Le cadre

 

Le récit se déroule principalement dans la capitale russe,Moscou. À travers l’histoire de Chourik, l’auteure révèle au lecteur la beautéde la ville, le fonctionnement de sa société, etc. En effet, de nombreusesréférences sont faites aux trésors de Moscou, pour donner envie au lecteur d’ensavoir plus sur cette ville lointaine pour beaucoup. Par ailleurs, la mise enplace d’un réalisme pointu permet à l’auteure de nous transporter dans un cadrevivant et neuf, inconnu, que nous découvrons page après page. Dans une démarcheoscillant entre minutie et rêve, l’auteure nous dévoile la grande place Rougede Moscou et ses environs en ces termes : « Ni ses rêves ni son imagination n’avait réussi à se hisser à la hauteurde l’éclat époustouflant de la capitale en chair et en os. […] Elle sortit surla place et la magnificence de la ville la stupéfia. Elle descendit dans lemétro et resta pétrifiée : le paradis n’était pas au ciel mais sous laterre ! […] Ce fut le plus grand jour de sa vie : trois merveillesde l’univers venaient de lui être révélées d’un seul coup. » LudmilaOulitskaïa est donc très fière de son pays et elle évoque souvent en des termestrès élogieux ses paysages et ses décors. Ainsi, les adjectifs et autres motsmélioratifs se retrouvent à foison : « beauté », « splendide »,« éclat », etc.

À travers ses personnages, elle se permet de parler parfoisde politique, et notamment de Fidel Castro, le dirigeant politique cubain dontles agissements sont critiqués au détour d’une sombre histoire de mariageimpossible entre Léna, une amie de Chourik, et Enriqué, un jeune Cubain venuétudier à Moscou – mais elle parle aussi de Lénine. Plus qu’un simple décor, lecadre et son évocation tiennent lieu de véritable reportage sur la viemoscovite, et nous livre sans détours tous les aspects de la ville : deson apparence à la façon dont elle est dirigée.

 

2. La culture

 

Mais l’auteure ne se contente pas d’évoquer les paysages dela Russie, elle fait également partager toute la culture du pays : de sonaspect historique à son passé musical en passant par les traditions populaires,le lecteur ressort du récit fort de connaissances nouvelles.

À travers la petite Maria, « fille adoptive » deChourik, nous apprenons quelques notions de danse et de musique classiques,notamment à propos du grand Tchaïkovski, icône musicale du XIXème siècle,figure dominante du romantisme russe. En effet, l’auteure évoque de célèbresballets et symphonies de sa composition comme l’incontournable Lac des cygnes ou encore Francesca da Rimini. Le lecteur passeégalement devant quelques musées célèbres de la capitale : le Musée desbeaux-arts Pouchkine, qui expose les œuvres de plusieurs civilisations et oùl’on peut découvrir diverses sculptures mais aussi de grands tableaux demaîtres – Monet, Cézanne, Picasso –, ou le Musée historique d’État, qui abritelui diverses expositions sur l’histoire de la Russie.

Mais outre ces richesses culturelles, Ludmila Oulitskaïanous fait également participer aux fêtes traditionnelles russes, notammentNoël, fête particulièrement vivante et lumineuse. Contrairement à la France, laRussie fête Noël le 6 janvier. C’est une fête conviviale, où la famille est àl’honneur, et où l’on regarde peu à la dépense, malgré la pauvreté qui règne àcette époque. La nourriture abonde sur la table, l’alcool coule à flot, et denombreuses surprises sont préparées. La description que nous en fait l’auteurelaisse le lecteur rêveur : « [Lesapin] était parfaitement authentique et garni de petits jouets de Noël anciensconservés avec soin par Elisavéta Ivanovna : une calèche miniature avecdes chevaux, une danseuse recouverte de paillettes, une libellule en verre […].Une odeur de sapin et d’épices flottait dans tout l’appartement et jusque dansla cage d’escalier. Sur un grand plateau, caché sous une serviette blanche,étaient disposées des petites figurines en pain d’épice ». Tout iciest mis en œuvre pour nous faire rêver, tous nos sens sont mis àcontribution : aussi bien l’odorat que la vue, le goût ou le toucher. Plusque la présentation d’une simple histoire humaine, Ludmila Oulitskaïa nousoffre la beauté de son pays, souvent mal connu du public, et nous en faitdécouvrir toutes les richesses.

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