Tamango

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Résumé

Le capitaine Ledoux est un marin expérimenté et valeureux qui aime son travail. Il est particulièrement novateur et avant-gardiste. Il entreprend la construction d’un voilier destiné à la traite des Noirs qu’il nomme L’Espérance. Méprisant à l’égard des esclaves noirs, il préfère la rentabilité à leur confort : son navire peut contenir plus d’esclaves que tout autre.

L’Espérance quitte Nantes pour le Sénégal. À peine le navire arrivé sur la côte africaine, le capitaine Ledoux va à la rencontre d’un fameux marchand d’esclaves africain nommé Tamango. Vêtu pour l’occasion de ses plus beaux habits, celui-ci espère en imposer auprès du capitaine français ; mais ce dernier, le voyant, ne songe qu’à le vendre en tant qu’esclave. Tamango lui présente ses esclaves, que Ledoux dénigre tous un par un ; il fait toutefois sa sélection parmi les hommes les plus robustes, espérant acquérir les autres pour un prix ridicule, tandis que Tamango fait l’éloge de ceux qu’il considère comme sa marchandise.

Les deux hommes ne parviennent pas à s’entendre sur le prix des esclaves ; après de longues négociations, largement arrosées d’eau-de-vie, le capitaine Ledoux fait l’acquisition de cent-soixante esclaves. Restent les enfants, les vieillards et les femmes infirmes, que Tamango propose au capitaine pour un prix dérisoire. Ce dernier, avec en tête l’idée de tasser les esclaves pour optimiser l’espace de son navire, accepte de prendre à son bord vingt-trois d’entre eux ; sept seront donc laissés à leur sort. Tamango entreprend de les tuer un par un, jusqu’à ce que le capitaine Ledoux accepte de les acheter. Une femme tente de sauver un vieillard, héroïquement ; de rage, Tamango, ivre, offre la rebelle au capitaine Ledoux, sans s’apercevoir qu’il est en train de donner sa propre femme. Les esclaves restants sont finalement sauvés par l’interprète des deux hommes en train de faire affaire.

Le lendemain, Tamango s’aperçoit qu’il a donné son épouse Ayché. Stupéfait et repentant, il rejoint le navire de Ledoux, lequel refuse de lui rendre Ayché. Malgré l’insistance de Tamango et son désespoir, Ledoux ne cède pas ; au contraire, il décide d’embarquer Tamango pour le vendre comme esclave. Au terme d’un combat inégal, le vaillant Tamango tombe entre les mains du capitaine négrier. Tamango emprisonné, il devient apathique ; les autres esclaves, ses anciens prisonniers, l’observent avec étonnement.

Le trajet se déroule selon les espérances de Ledoux : seuls douze esclaves périssent. Aux côtés du négrier, Ayché se tient en servante ; Tamango, voyant cela, devient fou et profère des menaces à l’encontre de son épouse : « crois-tu que dans le pays des Blancs il n’y ait point de MAMA-JUMBO ? » lui hurle-t-il, avant qu’Ayché n’éclate en sanglots, terrorisée. L’interprète explique que le « Mama-Jumbo » est le croque-mitaine des Noirs, un personnage terrifiant inventé par les maris pour forcer leurs épouses à être fidèles et honnêtes. Ledoux tente alors d’aller réconforter Ayché, sans succès.

Après une nuit agitée, Tamango attire à lui son épouse et lui demande de lui faire parvenir une lime. En parallèle, il exhorte les autres esclaves à la mutinerie et leur promet de les ramener chez eux après avoir puni le négrier. Happés par l’éloquence de leur maître, les esclaves planifient avec lui leur délivrance. Ayché parvient finalement à faire passer une lime à son époux, et Tamango fait part de ce trésor à ses compagnons d’infortune.

Arrive le jour de la délivrance. Le plan est rodé : Tamango débute l’offensive ; chaque matelot, l’un après l’autre, est désarmé puis tué. Les esclaves, délivrés de leurs chaînes, parviennent à maîtriser l’ensemble de l’équipage, et au terme d’un duel sanglant, Tamango tue le capitaine Ledoux.

Le massacre terminé, le navire vogue toujours en direction de la terre de l’esclavage, ce qui inquiète les Noirs à bord. Tamango est ennuyé : il ne sait absolument pas conduire un navire ; il tente pourtant une manœuvre, qui s’avère désastreuse, et les mâts de L’Espérance rompent. Les esclaves, Tamango et Ayché sont désemparés ; furieux et vindicatifs, les esclaves invectivent Tamango.

Un esclave survient, fier de sa découverte : il a trouvé la cachette d’eau-de-vie de l’équipage de Ledoux ; l’ensemble des passagers du navire s’enivre alors à l’excès. Le lendemain, dépités, ils découvrent que leur triste sort ne s’est pas amélioré, au contraire : des blessés ont péri, le navire gît toujours en pleine mer. Ils font de nouvelles tentatives pour rediriger L’Espérance vers leur pays mais toutes sont infructueuses. Ils reprennent alors leur beuverie. Les jours passent, beaucoup des passagers meurent.

Tamango propose finalement de prendre place dans les canots et les barques, qu’ils savent diriger, pour rejoindre leur pays. Confiants, les esclaves s’en remettent à leur maître ; mais seuls une chaloupe et un canot subsistent, qui ne peuvent contenir l’ensemble des passagers : les plus faibles sont donc abandonnés. La chaloupe de Tamango et Ayché coule, et ils regagnent alors L’Espérance, observant le canot s’éloigner sans savoir s’il atteindra un jour la côte africaine.

Au bout de plusieurs jours, Tamango et Ayché finissent seuls sur le navire, affamés ; puis Ayché meurt. Finalement, une frégate anglaise recueille Tamango. Parvenu à terre, il est condamné à travailler pour le gouvernement anglais. Il meurt plus tard de maladie.

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