Tamango

par

La position de Prosper Mérimée

Prosper Mérimée n'adopte pas toujours une position neutre lorsqu'il écrit sa nouvelle.

En effet, il intervient quelques fois dans le texte pour se permettre un commentaire ou une critique:

– Premier commentaire lors de la récupération par le capitaine Ledoux des esclaves Noirs, lorsqu'il utilise ses carcans et les menottes de fer à la place des fourches de bois: «ce qui montre bien la supériorité de la civilisation européenne.».

Par cette phrase, on peut se demander si Mérimée ne se moque pas des pratiques européennes, si son intervention n'est pas justement destinée à critiquer le modèle européen et surtout l'absurdité de l'esclavage Noir et donc de la supériorité européenne. Les européens sont mieux fournis en matériel et les peuples Noirs étaient justement trop démunis pour se défendre, d'où la comparaison entre le bois et le fer.

– Mérimée nous met également face à la situation horrible des Noirs durant le voyage retour, avec l'évocation des pertes humaines: «Douze Nègres seulement[…]c'était bagatelle». On comprend ici que l'auteur dénonce ici la banalité de quelques pertes qui seraient ''minimes'' et ainsi dénonce le non-respect et la non considération de l'importance d'une vie humaine.

– La position de l'auteur par rapport au peuple Noir: on voit souvent lors du récit décrire les esclaves et Tamango de ''pauvres''. Il considère également Tamango comme ''héroique''. On peut ainsi considérer que Prosper Mérimée, tout en condamnant les pratiques de l'esclavage, exprimait également de la pitié et de la considération pour ce peuple. C'est d'ailleurs pour cela qu'il nous narre l'exceptionnelle révolte des esclaves.

– Une dernière intervention assez inattendue à l'intention du lecteur: «Pourquoi fatiguerais-je le lecteur par la description dégoûtante des tortures de la faim?».

Après nous avoir décrit les combats et l'horrible bain de sang, Prosper Mérimée se refuse à d'autres descriptions toutes aussi affreuses. Il prétend ne pas vouloir nous ''fatiguer'' avec des descriptions ''dégoûtantes''. Pourtant il nous a décrit les morts sur le navire et notamment envers l'équipage Blanc. Se refuse-t-il à nous décrire le calvaire des ''pauvres Noirs'' par compassion? Fait-il réellement cela pour préserver le lecteur des détails affreux ou fait-il cela par respect envers le peuple Noir?

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