Traité de pédagogie

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Résumé

Introduction

 

Kant défend l’idée selon laquelle l’homme,parmi toutes les créatures, est la seule qui ait besoin, pour survivre, d’êtreéduqué, c’est-à-dire de recevoir soins et formation. Sans ce travail, l’hommereste à l’état animal, et Kant démontre par des exemples que l’homme est unpiètre animal, qui a perdu tous les réflexes spontanés de la survie.

Il insiste tout particulièrement surl’importance de la discipline, pan négatif de l’instruction. Il faut apprendreles règles humaines le plus rapidement possible à l’enfant afin qu’il nes’habitue pas à la liberté et ne devienne un sauvage irrécupérable.

« L’homme ne peut devenir homme que parl’éducation » affirme Kant en résumé. Et il considère l’éducation avec uncertain optimisme : plus il y aura d’hommes éduqués pour éduquer leshommes non éduqués, plus il y aura d’hommes éduqués, et ainsi de suite. Ainsi,il forme le projet d’une « théorie de l’éducation » parfaite. Pour cefaire, il commence par défendre le projet en soi, pour montrer qu’il n’est pasnaïf, même s’il n’est pas sans obstacles.

D’après lui, une bonne éducation doit se fixerdes règles qui visent à honorer un bien universel, et non pas le bien ponctueldans une société donnée. Kant ne le dit pas explicitement, mais on devine quece traité d’éducation est en adéquation avec l’idéal moral kantien, etnotamment l’idée que l’homme avance exponentiellement dans le progrès moral. Cebien universel peut être atteint en honorant toujours quatrecommandements : 1. discipliner, 2. cultiver, 3. civiliser, 4.moraliser. Kant rêve d’une école expérimentale, qui éprouverait ses principes,avant qu’une école normale soit mise en place.

 

Traité

 

Kant distingue l’éducation physique (les soins)et l’éducation pratique. Celle-ci se déploie selon trois axes : d’abord laformation scolastique et mécanique, ensuite la formation pragmatique, enfin laformation morale. Le Traité de pédagogie vad’abord traiter de l’éducation physique, puis de l’éducation pratique. Le toutest ponctué de remarques sur Émile ou De l’éducation de Rousseau,souvent positives.

 

Del’éducation physique

 

Kant commence par évoquer l’alimentation etsuggère que l’enfant soit allaité par sa mère, et jamais nourri de lait animal.Il faut également, quand le lait maternel s’amenuise, éviter les bouilliesspécialement conçues pour les enfants, les saveurs piquantes et les tropgrandes chaleurs. Kant conseille en outre de ne pas langer les enfants, de lesbercer souvent, et de ne pas répondre chaque fois que l’enfant pleure, afin dene pas le corrompre en satisfaisant à tous ses caprices.

Kant donne également des conseils pourl’apprentissage de la marche : éviter les appareils censés aider, quirendent dépendants, et ne pas avoir peur de laisser l’enfant chuter, pour qu’ilexpérimente. Le but est que l’enfant ne soit ni trop mou ni trop dur. Ainsi ilne vaut rien non plus d’entraîner l’enfant à toutes les situations extrêmesimaginables, comme le font certains parents dénoncés par Kant.

Pour l’éducation de l’âme, que Kant considèrecomme une partie de la dimension physique, il faut apprendre la liberté àl’enfant : n’être jamais servile, et de ne jamais chercher à forcer autruià l’être. En ce sens, il vaut mieux éviter et les sermons trop fréquents, etles mots d’amour trop nombreux.

Kant conseille ensuite un certain nombred’activités et de jeux physiques qui permettent à l’enfant de prendrepossession de son corps et de le déployer. Il faut aussi, pour l’âme, imposerl’apprentissage du travail, de la mémoire, et à terme celui de la pensée, queKant nomme « entendement ».

 

Del’éducation pratique

 

« L’éducation pratique comprend 1°l’habileté, 2° la prudence mondaine, 3° la moralité. » Kant s’expliqueensuite : l’habilité concerne le talent ; la prudence mondaineapprend à l’enfant les conditions strictes dans lesquelles il n’est pas vicieuxd’utiliser autrui à ses propres fins ; la moralité concerne le caractère.Cette seconde partie se consacre essentiellement à l’éducation morale.

Il faut apprendre à l’enfant tous les devoirsqui lui incombent, ceux envers soi-même comme ceux envers les autres, afin delui inculquer ce que sont les vices et les vertus, le bien et le mal, le justeet l’injuste, de manière intelligible.

Kant essaie ensuite d’apporter sa contributionà un vaste débat sur l’éducation, celui de l’éveil à la religion des enfants.Il conseille d’y aller pas à pas, et de ne pas ensevelir subitement l’enfantsous tout un tas de concepts qui le dépassent.

Le Traité de pédagogie se referme surune évocation de l’adolescence et de l’éveil sexuel. Kant insiste sur le faitque l’onanisme est mauvais à tous égards, et qu’il faut déjà inciter l’enfant àchercher la personne qui partagera sa vie.

Le dernier mouvement du texte se caractérisepar une succession de paragraphes ouverts par la tournure impersonnelle« On doit… », et Kant récapitule un certain nombre de principestypiques de sa pensée, comme la nécessité de la morale et l’importance de lajoie, laquelle, d’après lui, ne peut passer que par la morale : c’estquand on a rien à se reprocher que l’on est joyeux.

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