Traité de pédagogie

par

Culture et discipline

La culture et la discipline constituent également un aspect important de l’oeuvre. Ces deux notions représentent des étapes par lesquelles la nature humaine doit passer pour se développer. La nature humaine telle que connue, à l’état basique, tombe dans les excès si elle n’est pas supervisée. Nous y laissons libre cours à nos folies et la conséquence est la déchéance, le chaos. C’est pour cette raison que la discipline vient opposer une contrainte dont le but est de tempérer les ardeurs des hommes et les amener à devenir responsables. La discipline vient défaire l’homme de sa barbarie, de sa sauvagerie : « Le manque de discipline est un pire mal que le défaut de culture, car celui-ci peut se réparer plus tard, tandis qu’on ne peut plus chasser la sauvagerie et corriger un défaut de discipline » (P. 6). Par conséquent, sans discipline, il ne pourrait y avoir d’éducation. La contrainte exercée sur l’être humain dans son enfance l’amène indubitablement à prendre le chemin de la raison et l’écarte du vice. La discipline a une double fonction. Premièrement, elle nous empêche de tomber dans l’erreur. Grâce à cette première fonction, elle réduit la probabilité des inconsistances dans les décisions et les actions des hommes. De plus, elle est un mécanisme de défense contre ce qui est négatif chez les hommes : « Les discipliner, c’est chercher à empêcher que ce qu’il y a d’animal en eux n’étouffe ce qu’il y a d’humain, aussi bien dans l’homme individuel que dans l’homme social. La discipline consiste donc simplement à les dépouiller de leur sauvagerie » (P. 13). Seulement, la discipline qui permet de réprimer chez l’être humain les aspects négatifs, n’est pas totalement positive, car elle peut sévèrement annihiler la liberté.

D’une manière générale, la liberté est perçue comme l’absence de contrainte, d’entrave ; la possibilité d'agir, de penser, de s'exprimer selon ses propres choix. S’il est clair que dans le cadre de l’éducation, la liberté doit être régentée par la discipline et ne peut exister à un état aussi pur, il peut arriver qu’elle retire aussi à l’individu, la capacité de décider librement. En effet, l’éducation de l’enfant est laissée à la discrétion des parents. Une fois scolarisé, la logique ne change pas et l’enfant d’hier doit juste intégrer aujourd’hui ses enseignants. De manière succincte, l’on peut tout simplement dire que l’homme grandit sans avoir la possibilité de choisir, car les décisions sont prises pour lui. Devenus adultes, certaines personnes n’arrivent pas à faire des choix, car la manière dont la discipline leur a été inculquée les poussent à regarder toujours vers les autres, à attendre leur aval pour pouvoir agir et décider. Afin d’éviter cette défaillance, l’éducation doit être tournée vers l’avenir comme le prescrit l’auteur. Le but de l’éducation n’est pas de faire des êtres humains des zombis, mais plutôt de leur apprendre comment agir avec tempérance, comment jouir de leur liberté sans empiéter sur celle d’autrui.

En définitive, nous pouvons souligner que le traité de Kant est d’une pertinence certaine. Sa perception de l’éducation et ses conseils sur la manière de la conduire sont d’une causticité évidente. Ce traité est, sans conteste, une œuvre qui revêt une importance capitale pour tout être pensant, mais surtout pour les pédagogues qui peuvent s’en servir à bon escient dans le but de former des hommes solides, des valeurs sûres pour demain et des sources d’une pérennisation certaine de l’éducation.

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