Analyse de goog bye lenin

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  • Publié le : 27 mars 2010
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Le film plait au public des deux Allemagnes par la description réaliste et simple de la vie quotidienne en République démocratique allemande depuis la marque traditionnelle de cornichons jusqu'aux héros du régime comme Sigmund Jähn, premier Allemand à être allé dans l'espace et héros d'Alex dans le film (voir Ostalgie). Il illustre la brutalité des changements pour les habitants de la RDA : leurunivers s'est écroulé à la chute du mur.
Une scène a marqué les esprits par le choc qu'elle provoque sur le personnage de Christiane autant que par les moyens techniques employés : le déplacement par hélitreuillage d'une massive statue de Lénine qui explique le titre du film. Il s'agit en fait d'images historiques, habilement incrustées dans le film, pour symboliser la fin d'une époque.
Lasituation autour de laquelle tourne le film (les informations politiques dissimulées à la mère pour ménager sa santé) est l'écho d'une situation réelle vécue par... Lénine. Affaibli par plusieurs attaques, ses médecins avaient interdit aux membres du Parti de lui faire l'écho des nouvelles politiques afin d'éviter tout choc.
Le réalisateur Wolfgang Becker a tenu (voir les "bonus" du DVD) à cantonnerla signification de son film à une histoire d'amour filial. Pourtant, le succès qu'il a remporté dans les Länder de l'ex-RDA montre qu'il est perçu bien au-delà comme un révélateur des désillusions qui ont suivi la réunification allemande.
Good Bye Lenin est remarquable par la fluidité avec laquelle il fusionne les genres (du rire aux larmes, du familial au social, du clin d'œil au politique). Lethème du mensonge y est décliné à plusieurs niveaux : le mensonge privé donne la réplique au mensonge d'État : ainsi d'un côté, c'est Alex qui ment à sa mère, mais aussi la mère qui ment à ses enfants en leur cachant les lettres que leur père, enfui à l'ouest, leur avait envoyées. De l'autre, c'est la RDA qui cache le réel sous des formules stéréotypées, tandis que la RFA appâte les Allemands del'Est avec son Deutsche Mark et ses temples de la consommation. La désillusion est amère : chômage plus lourd et niveau de vie plus faible qu'à l'Est. Les discussions acerbes entre Rainer (le copain d'Ariane) et Alex, résument parfaitement ce qui oppose les Wessis (de l'Ouest) et les Ossis (de l'Est). Et nombre de retraités de l'ex-RDA se retrouvent dans l'amertume du « camarade » Ganske quand ilparle du chômage, lui qui a perdu sa vie pour avoir cru aux idéaux socialistes d'un système disparu et se retrouve désormais réduit à la misère.
Les scénaristes ont cristallisé ce mensonge dans l'utilisation privée de l'outil public par excellence, la télévision. Tandis qu'Alex recrée une RDA en miniature dans la chambre de sa mère, transvase les cornichons hollandais dans les bocaux étiquetés «de Spreewald » ou refait du Moka Fix-Gold plus faux que nature, son copain Dennis bidonne des reportages « made in RDA » pour ressusciter ce monde disparu. Les deux amis se complaisent tant dans le remodelage du réel qu'ils atteignent le paroxysme en transformant la chute de la RDA en chute de la RFA (les Allemands de l'Ouest se réfugient à l'Est). L'uchronie pousse à l'extrême le mensonge téléviséqui avait cours des deux côtés du « rideau de fer », par une allégorie du rôle des médias dans la société. L'émission est-allemande qu'Alex et Dennis « recréent », Aktuell Kamera (Caméra Actuelle), a réellement existé.
Enfin, Alex donne peut-être la meilleure définition de l'Ostalgie, que l'on interprète souvent à tort comme une nostalgie de la RDA : il invente une République démocratiqueallemande qui serait devenue une... démocratie.
Le film fourmille d'allusions au réel d'« avant ». C'est la langue de bois du présentateur télé, l'incommunicabilité avec les gaffes de Rainer, hermétique au vocabulaire de l'Est qui se présente laborieusement à Christiane Kerner comme un ancien chef des Pionniers avant de cafouiller lamentablement dans le salut des Scouts. C'est aussi, à la datcha, le...
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