Anatole france

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  • Publié le : 6 mai 2011
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Daniela Jacquet
5 mai 2011

→ Anatole France, L'ile des pingouins (1908)
Explication linéaire.

Dans L'ile des pingouins, Anatole France retrace l'histoire de l'affaire Dreyfus à peine déguisée grâce à une fable. Comme pour un roman à clefs, l'auteur, ironique, se sert d'un événement réel et le transpose dans une historiette burlesque, voire grotesque. Le recours aux pingouins prend sonsens dans la mesure où Anatole France, désabusé par la tournure qu'a pris l'Affaire, caricature les hommes, aussi bien innocents que coupables dans un même climat de dérision. Notre passage (chapitre II) illustre alors l'affaire des « 80 000 bottes de foin » destinées à la cavalerie, disparues. Greatauk accuse Pyrot parce qu'il est juif. Le parallèle avec l'affaire Dreyfus est flagrant, il estévidemment question ici du « Bordereau » supposément écrit par Dreyfus, juif, pour l'ambassade allemande en France au sujet de renseignements confidentiels. Trois mouvements sont alors à distinguer dans le texte : nous avons en premier lieu une dénonciation de l'attitude des pingouins qui ne doutent pas parce qu'ils ne s'interrogent pas, puis vient une conversation entre Greatauk et Panther, quicherchent par n'importe quel moyen à obtenir les aveux de Pyrot; et enfin la description du bagne de l'accusé. Comment à travers la fiction qu'est L'ile des pingouins, Anatole France, s'empare t il de l'évènement historique qu'est l'affaire Dreyfus? Et comment à travers cette fable, parvient il à dénoncer la trahison et le mensonge qu'elle a été? Anatole France, dreyfusard engagé, propose ici un texte àla fois satirique et polémique.

Le titre explique l'entreprise de l'auteur. L'ile des pingouins, l'ile dans un premier temps est censé être le lieu propice à l'utopie, or ici, l'auteur semble plutôt nous peindre l'inverse, une dystopie. En effets, les pingouins, ces oiseaux incapables de voler, se complaisent dans l'ignorance, à l'image des hommes qui incapables de raisonner ne se distinguentalors pas des animaux. Anatole France semble ici blasé des mentalités françaises face à l'affaire Dreyfus.
L'attitude de la foule pour l'auteur est contestable :
Dans le premier paragraphe, le texte est au passé simple, temps de récit, l'auteur ici tente de placer une fiction très proche de l'actualité historique dans un lieu et un temps différent afin de mieux exposer son opinion grâce à unecertaine distance.
Le pronom personnel « on » plutôt que « nous » permet à l'auteur de rapprocher la foule de Pingouinie à la foule française de manière plus efficace. Foule qui ne doute pas parce qu'ignorante. Anatole France oppose ici le doute et la croyance dans le sens où on arrive à croire sans raison, alors que douter sans raison demande un effort que la foule s'abstient de faire parparesse, pour suivre le mouvement. Le ton de l'auteur est accusateur, grinçant.
Le doute n'est pas possible parce que l'information est répétée et que « répéter c'est prouver ». Le point de vue de l'auteur est ici clairement énoncé, sans nuance, la foule est débile.
Lorsque qu'il est écrit « la faculté de douter est rare parmi les hommes », le regard cynique posé sur la foule fait explicitement lelien avec la population de l'époque, ce n'est pas le terme « pingouins » qui est utilisé mais bien « hommes ». L'auteur-narrateur ne cherche même plus à déguiser son accusation.
Les français ne se différencient pas des pingouins de Pingouinie, ils ne sont pas cultivés. Si peu instruits, ils sont alors incapables de douter et de remettre en question la doxa.
S'en suit alors une longueénumération de ce qu'est la culture. Description ironique, la culture a le mauvais rôle dans la société, elle est présentée ironiquement comme la chose qui perturbe la nation, l'opinion.
Puis la doxa est assimilé à une croyance presque religieuse avec le terme « foi ». L'opinion publique, comme la foi en Dieu, ne semble pas négociable. On croit que Dreyfus est coupable comme on croit en Dieu. Nous...
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