Argent

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  • Publié le : 11 avril 2010
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La conception simmelienne de l’argent : « possibilité de toutes les valeurs et valeur de toutes les possibilités »

Vous discutez cette conception simmelienne à la lumière de votre lecture des œuvres au programme.
PLAN DE LA DISSERTATION
1. Introduction
2. Les fonctions et les qualités de l’argent
2.1. Instrument commun et impersonnel
2.2. Produit del'intelligence humaine
2.3. Plasticité, fluidité et fiabilité
3. Les dangers liés à la suprématie financière
3.1. La relativité des fins et des moyens
3.2. L'idolâtrie de l’argent
3.3. Argent accumulé et argent dépensé
4. Comment normaliser le rapport avec l’argent
4.1. Equilibrer les forces centripètes et les forces centrifuges
4.2.Contrôler le seuil du quantitatif au qualitatif
4.3. Se convertir à la pauvreté

1. Introduction
L’argent est le medium universel des échanges. Il traduit les qualités en quantités. Adam Smith, avant Marx, a montré par quel mécanisme la valeur d’échange d’un objet ou d’un service quelconque se réduit en dernier ressort à la quantité de travail qu’il contient. L’argent, la monnaiereprésentent ces quantités de travail, abstraites et universelles, et permettent du même coup la commensurabilité de ce qui semblait d’abord incommensurable. Généralement, comme l’a bien vu Georg Simmel, l’argent manifeste le caractère substituable des choses et se définit comme « grand destructeur de toute forme ». Sa vocation est de ramener l’altérité à l’identité, l’hétérogène à l’homogène. C’estune valeur. Mais on ne serait pas étonné de voir qu’il tend naturellement à étudier sa compétence évaluative au-delà de la sphère des échanges commerciaux. Dès lors, il semble opportun d’examiner ce double aspect de l’instrument qu’offre l’argent étant à la fois condition de possibilité de toutes les valeurs et valeur en soi. Autrement dit, il s’agit de voir en quoi l’argent fournit une possibilitégénératrice des valeurs, mais en même temps c’est le point d’appui qui ouvre une infinité de possibles. Cet élément problématique nous conduira à nous pencher sur les deux premières sections du troisième chapitre de la partie analytique de l’ouvrage de Georg Simmel, Philosophie de l’argent (1900). L’accent sera initialement mis sur les fonctions et les caractéristiques de l’argent ; en secondlieu, seront évoqués certains dangers liés à la suprématie financière ; en dernier lieu, nous verrons comment rationaliser le rapport avec l’argent de manière à neutraliser les excès et annihiler les défauts.
2. Les fonctions et les qualités de l’argent
Se pencher sur l’argent, c’est d’abord travailler sur la valeur d’un instrument universel et neutre né de l’intelligence humaine et qui se démarquepar sa facilité de transport et sa divisibilité.
2.1. Instrument commun et impersonnel
L’argent,outil de prédilection d’une société où les échanges sont nombreux et où règnent des valeurs inspirées de la rationalité, est un moyen neutre et impersonnel. Il constitue le fondement social de l’échange. Là où Simmel est innovant , c’est dans le sens qu’il donne à l'argent qui intervient dans lesrelations pour objectiver la valeur qu’un individu donne à un objet. Il est l’élément concret qui rend compte d’une appréciation personnelle. Il rend compte à la fois du désir de l’individu puisqu’il montre ce qu’il est prêt à sacrifier pour obtenir l’objet, mais également d’un caractère objectif, le prix étant connu de tous. On saisit ainsi que l’argent est avant tout symbolique et qu’il fautdistinguer deux aspects de sa valeur : d’une part, la substance qui le supporte, comme le métal précieux et qui possède une valeur intrinsèque . D’autre part, une valeur fonctionnelle qui permet d’accepter une monnaie complètement conventionnelle . C’est également un outil qui comble le fossé entre le désir de l’individu et sa satisfaction par un objet extérieur. Mais, en mesurant tout, il devient...
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