Beckett

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  • Publié le : 14 juin 2010
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Séquence II. Séance 5. Le langage dans Fin de partie.



La question du langage dans Fin de partie est centrale et cruciale (comme elle l’est d’ailleurs dans le théâtre de l’absurde, qui le déconstruit, le tourne en dérision, s’en amuse pour mieux en souligner les limites, surtout en termes de communication/ au-delà du théâtre de l’absurde : Le théâtre contemporain interroge constamment cequi est en jeu dans la parole, le langage, le dialogue).

Dans notre théâtre occidental, pendant longtemps (rappel : la théorie d’Artaud), la parole, l’échange verbal ont constitué l’essence même du théâtre.

Or, comme pour tous les aspects déjà envisagés, le théâtre de Beckett remet en cause, déconstruit, tourne en dérision et même parfois parodie le théâtre traditionnel, et le langage n’yéchappe pas, il est même un aspect essentiel de son théâtre. Si l’on considère que les impératifs du théâtre traditionnel sont de nommer, décrire, raconter, faire avancer l’action, alors en effet, le langage dans Fin de partie échappe à cette définition.



I. La remise en cause du langage et de ses fonctions.



1) Rappel des théories linguistiques par rapport auxquelles s’inscrit laréflexion sur le langage dans la pièce.





D’un point de vue général, il faut replacer la problématique dans son contexte : le développement des théories linguistiques après la guerre. La théorie qui va peu à peu être prédominante, en particulier dans les années ’70, est celle du structuralisme, hérité des théories du linguiste suisse Ferdinand de Saussure (1857-1913), théories consignées dansson Cours de linguistique générale (1916, rédigé d’après les notes de cours d’un de ses étudiants).

Ses théories sont à la base de la linguistique moderne, mais ont également eu une incidence sur d’autres champs des sciences humaines (l'ethnologie, l'analyse littéraire, la philosophie et la psychanalyse lacanienne).



Pour l’essentiel :



ð Le but de Saussure est de proposer unethéorie cohérente du langage, qui sera à même de saisir son objet avec la plus grande rigueur et netteté possibles, en distinguant le phénomène linguistique de tout phénomène connexe. Cela amène Saussure à distinguer le langage des langues.

- Par langage, Saussure entend la faculté générale de pouvoir s'exprimer au moyen de signes. Cette faculté caractérise toute forme de communicationhumaine.

- Par langue, Saussure entend en revanche un ensemble de signes utilisés par une communauté pour communiquer : le français, l'anglais ou l'allemand, pour ne citer que quelques exemples.

- Saussure différencie en outre le langage et la parole. La parole est, pour lui, l'utilisation concrète des signes linguistiques dans un contexte précis. Par ce concept de parole,Saussure tente de distinguer l'usage concret du langage du langage lui-même, entendu comme ensemble de signes.



ð Diachronie et synchronie

Le langage a une dimension diachronique (évolution des signes au cours du temps) et une dimension synchronique (rapports entre les signes à un instant donné). C'est dans l'étude de ce second aspect que de Saussure a particulièrement innové. Selonlui, la perspective diachronique doit être étudiée, certes, mais elle ne permet pas de rendre compte du fait que le langage est un système. Elle prend en effet uniquement en compte les modifications au cours du temps; l' approche synchronique montre, elle, que la signification des signes dépend de la structure de l'ensemble du langage.



ð La langue comme système

La théorielinguistique de Saussure interprète le langage comme un ensemble de signes : le linguiste distingue dans le signe deux éléments: le signifiant et le signifié.



ð Le signifié

Le signifié désigne le concept, c'est-à-dire la représentation mentale d'une chose. Contrairement à une idée répandue, la langue n'est pas un répertoire de mots qui refléteraient les choses ou des concepts préexistants...
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