Bonheur et sens de la vie

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Bonheur et sens de la vie Parcours 1

"Le plus lourd fardeau, c'est d'exister sans vivre."
Victor Hugo

Le monde de Sophie

- Maman, tu ne trouves pas que c’est bizarre de vivre ?commença-t-elle
Sa mère fut si ahurie qu’elle ne trouva rien à répondre. D’habitude, quand elle rentrait, Sophie était en train de faire ses devoirs.
- Euh…commença-t-elle. Parfois, oui.
- Parfois ? Mais ce que je veux dire… tu ne trouves pas étrange qu’il existe un monde ?
- Mais enfin Sophie, qu’est-ce qui te prend de parler comme ça ?
- Pourquoi pas ? Tu trouves peut-être que le monde est toutà fait normal, toi ?
- Eh bien, oui. Du moins dans les grandes lignes…
Sophie comprit que le philosophe avait raison. Les adultes trouvaient que tout le monde allait de soi. Une bonne fois pour toutes, ils étaient plongés dans le doux assoupissement de leur routine quotidienne.
- Peuh ! Tu t’es tellement habituée à ton petit confort que plus rien au monde ne t’étonne, ajouta-t-elle.
- Maisqu’est-ce que tu racontes ?
- Je dis que tu es beaucoup trop blasée. En d’autres termes, que tu es complètement foutue.
- Je t’interdis de me parler sur ce ton !
- Alors disons que tu t’es fait ta petite place bien au chaud dans la fourrure d’un lapin blanc qui vient de sortir du chapeau haut-de-forme de l’univers. Mais c’est vrai, j’oubliais, tu dois mettre les pommes de terre sur le feu, puistu dois lire ton journal et après tes trente minutes de sieste, tu dois regarder les informations.
Une ombre passa sur le visage de sa mère. Elle alla comme prévu à la cuisine et mit les pommes de terre sur le feu. Puis elle revint dans le salon et c’est elle qui cette fois obligea Sophie à s’asseoir :
- J’ai quelque chose à te dire, commença-t-elle.
Sophie comprit au ton de sa voix quec’était du sérieux.
- Dis mon trésor, tu n’as encore jamais touché à la drogue, j’espère ?
Sophie eut envie de rire, mais elle comprenait pourquoi sa mère abordait justement ce sujet maintenant.
- T’es folle ou quoi ? répliqua-t-elle. Pour devenir encore davantage une larve ?
Cet après-midi-là, il ne fut plus question ni de drogue ni de lapin blanc.
« Le Monde de Sophie » Jostein Gaarder,p.35

Qu’en penses-tu ?

Trouves-tu comme Sophie que le monde n’est pas tout à fait normal ?

Quelle est ta vision du monde ? Optimiste ou pessimiste ? Pourquoi ?

Sophie se pose des questions auxquelles sa mère ne pense même pas. « Les adultes trouvaient que tout le monde allait de soi. » dit-elle.
Ces questions, d’autres personnes les partagent, ces personnes, ce sont les philosophes.Que sais-tu de la philosophie ? Comment la définirais-tu ?

… Qu’est-ce qu’il y a de plus important dans la vie ?
Si l’on interroge quelqu’un qui ne mange pas à sa fin, ce sera la nourriture. Pour quelqu’un qui a froid, ce sera la chaleur. Et pour quelqu’un qui souffre de la solitude, ce sera bien sûr la compagnie des autres hommes.
Mais au-delà de ces nécessités premières, existe-t-ilmalgré tout quelque chose dont tous les hommes aient encore besoin ? Les philosophes pensent que oui. Ils affirment que l’homme ne vit pas seulement de pain. Tous les hommes ont évidemment besoin de nourriture. Et aussi d’amour et de tendresse. Mais il y a autre chose dont nous avons tous besoin : c’est de savoir qui nous sommes et pourquoi nous vivons.
Le désir de savoir pourquoi nous vivons n’estdonc pas une occupation aussi « accidentelle » que celle de collectionner des timbres. Celui qui se pose ce genre de questions rejoint en cela les préoccupations de toutes les générations qui l’ont précédé. L’origine du cosmos, de la Terre et de la vie est un problème autrement plus crucial que de savoir qui e remporté le plus de médailles d’or aux derniers Jeux Olympiques.
La meilleure...
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