Britannicus

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  • Publié le : 1 juin 2012
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Britannicus, Racine.

Introduction
Jean Racine est l’un des plus grands auteurs de tragédies de la période classique en France sous le règne de Louis XIV. Il a écrit une comédie et six tragédies. Britannicus est une tragédie en cinq actes représenté pour la première fois à l’hôtel de bourgogne le 13 décembre 1669. L’objet de notre étude est un extrait de la scène 4 acte 4 v. 1404-1454 avec laprésence de Narcisse et Néron. Narcisse est le gouverneur de Britannicus et il tente de convaincre Néron de tuer son gouvernant pour raison politique et amoureuse. Nous étudierons donc l’argumentation a travers le dialogue puis les rôles inversé et enfin le changement de régime qui devrait passer de la monarchie a la tyrannie.

I. L’argumentation à travers le dialogue
L’échange entre Néron etNarcisse est déséquilibré, puisque Narcisse parle davantage, cf. le nombre de répliques (4 pour Néron, 5 pour Narcisse) et le nombre de vers attribués à chacun des personnages par l’auteur (17 vers pour Néron contre 35, soit le double, pour Narcisse).
Au fil de l’extrait, les répliques des personnages s’allongent, ce qui est le signe du caractère délibératif de ce dialogue. L’extrait se situe àla fin de l’acte IV, et doit amener Néron à une décision, celle d’assassiner Britannicus ou bien de lui laisser la vie sauve. Dans cet extrait Narcisse travaille à persuader Néron, à vaincre ses scrupules et ses résistances (il vient d’avoir une conversation avec Agrippine qui a tenté de le remettre dans le droit chemin). Pour parvenir à ses fins, il débute par l’insinuation, affirmant par là qu’ilsait des choses que Néron ignore. Bien sûr, ce dernier va vouloir savoir ce que Narcisse sait : « Agrippine, Seigneur, se l’était bien promis » (v.1404). Néron tombe dans ce piège : « Quoi donc ? Qu’a-t-elle dit ? Et que voulez-vous dire ? »(v. 1406). Au vers 1407, avec l’emploi du pronom « en », dont Néron ignore le référent, Narcisse se comporte en homme habile en rhétorique qui excite lacuriosité, l’inquiétude et la colère de Néron : « Elle s’en est vantée assez publiquement ». Ensuite Narcisse use du discours rapporté, qu’il est toujours facile de déformer : Néron devant sa mère aurait eu une attitude modeste et soumise. Ici Néron apparaît comme un fils faible devant sa mère, ce qui est humiliant pour lui. A cette faiblesse supposée répond l’image d’un personnage irrésolu que Nérondonne de lui-même dans cet extrait : il demande à Narcisse ce qu’il doit faire, montrant par là qu’il lui fait confiance aveuglément : « que voulez-vous dire ? ; que veux-tu que je fasse ? » (vv.1406 et 1413). Ici le passage du vouvoiement au tutoiement marque la vulnérabilité de Néron. Dans sa longue réplique (vv.1422-1426), Narcisse use également de l’interrogation, mais cette fois pour fairepeser une pression sur Néron : ce sont des interrogations rhétoriques qui ne demandent pas de réponse, car ce sont des injonctions déguisées. L’empereur par ses questions demande conseil à Narcisse ; celui- par les siennes lui donne des ordres déguisés.

II. Les rôles inversés
On observe en effet une inversion des rôles entre le monarque gouvernant et le conseiller gouverné (cela, d’autant plusque Narcisse est « gouverneur » de Britannicus). Les questions que pose Néron à Narcisse, son besoin de soutien et de conseils montrent bien à quel point il est incapable de régner.
Au contraire, Narcisse, l’ancien esclave affranchi par le père de celui dont il souhaite l’assassinat, use de phrases dont les verbes sont à l’impératif (type de texte injonctif) : « Faites périr le frère,abandonnez la soeur » (v.1440). Par ce vers qui propose d’assassiner Britannicus et de répudier Octavie, le spectateur assiste aux préparatifs d’un coup d’Etat qui laissera le champ libre à Néron.
Ainsi, Néron apparaît comme la victime d’une manipulation. Par son caractère faible, par sa relation inégale avec Narcisse, RACINE le présente comme indigne du trône qu’il a reçu des mains de sa mère Agrippine...
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