Carmen

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  • Publié le : 29 décembre 2010
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INTRODUCTION

Frederico Fellini : « tout art est autobiographique ; la perle est l’autobiographie de l’huitre ».

« Il Maestro » ou encore « Fefe », Federico Fellini, est considéré comme l’un des 10 plus grands réalisateurs que l’histoire du cinéma ait connu selon Entertainment Weekly. Sa touche personnelle en tant que réalisateur, c’est cet univers baroque qu’il réussit à ancrer sifacilement dans le paysage cinématographique italien et hérité du néoréalisme. Il s'inscrit dès lors clairement dans le sillage des plus grands réalisateurs italiens de l’après-guerre. D’abord aux côtés de Rossellini, qu'il considère comme un véritable maître et puis ensuite, plus tard, aux côtés d’Antonioni. L’univers baroque de Fellini trouve sa place où qu’il aille. Son univers est tellement imbibé desa personne qu’il en a meme inspiré un mot anglais : "Felliniesque" : « has come to mean a certain Italian sophistication yet earthiness, a fascination with the bizarre yet a love of simplicity all wrapped in a flamboyant Mediterranean approach to life and art. These films also contain magic moments that transcended realism, and they introduced the world to a certain flamboyant lyricism we nowlabel Felliniesque »[1].

Bien qu’il souligne qu’Amarcord n’est pas une autobiographie, mais plutôt, en quelque sorte, sa filmographie. A partir de Huit et demi (1963), la voie de l’autobiographie fantasmée semble s’être ouverte : son univers devient onirique, fait d’images réelles venues de l’enfance et de rêves aux confins du fantastique et du grotesque. Il dira même de ses films qu’il les dirigetoujours avec le même schème, et qu’il n’arrive quasiment pas les à distinguer l’un de l’autre. L’ensemble de ces films, dont Amarcord, exploite à outrance cette veine baroque où le spectacle, la religion, la séduction et l’angoisse du temps qui passe se mêlent dans une ronde folle et haute en couleurs. Magicien, visionnaire, caricaturiste, Fellini est un inconsolable rêveur courant derrière deschimères : « hier encore c’était l’enfance et maintenant, tout est fini ».

 « Amarcord », le titre est la traduction phonétique des mots "Mi ricordo" (je me souviens) comme précisé dans le dialecte de Rimini, la ville dans laquelle le réalisateur Federico Fellini est né, et où le film se déroule. L'orthographe correcte doit être "A m'arcord".

Ce film est truffé de truculentes anecdotesretraçant de manière romancée ses facéties de gamin dans un petit village italien assujetti au joug du fascisme. C’est dans ce cadre qu’est mise en scène toute une galerie de personnages, tous aussi pittoresques les uns que les autres. Parmi ceux-ci, le jeune Tittà et sa bande de copains qui se plaisent à multiplier les farces et à faire les 400 coups. Autour de lui gravite tout un petit monde, àcommencer par le noyau familial composé d’un grand-père obsédé sexuel, une mère hystérique et un oncle fou. Mais il y a également la buraliste, aux formes plus que généreuses et surtout Ninola – ou plutôt, la « Gradisca » –, personnage singulier, incarnation de l’idéal féminin par excellence qui, tout au long du film, sème le trouble, l’émoi et le désir parmi les hommes du village. C’est sur cepersonnage que nous nous attarderons dans le présent travail, dans une scène d’anthologie, à la fois drôle et pathétique, où celle-ci doit rencontrer un jeune Prince ; ce qui donne lieu à une scène pour le moins surprenante qui lui vaudra son légendaire surnom de « Gradisca ».

Ce film est, comme qui dirait, un voyage de la vie. Rempli d'images indélébiles: Le paon au milieu de la neige, la visiongrandiose d’un paquebot - et l'aveugle, à sa vue, s’écriant: «A quoi ça ressemble, ça fait quoi?» Comme la vie elle-même, le film peut être déroutant et énigmatique, parfois effrayant aussi car empli "de gens simples qui essayent juste de vivre et de se laisser envahir par tous ces moments où ils étaient eux-mêmes initiateur de leur propre création». Je pense qu’aucun autre film n’ait jamais réussi à...
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