Commentaire comparatif baudelaire et laforgue

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  • Publié le : 11 octobre 2010
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Nicolas Betton 1er L

Commentaire comparatif des textes de
Flaubert et Laforgue

L’ennui et la mort sont des thèmes fréquents dans la littérature. Gustave Flaubert et Jules Laforgue, à leurs manières, suivent cette tradition. Le premier décrit dans le chapitre 9 de la première partie de Madame Bovary le monde provincial dans lequel Emma évolue. Jules Laforgue, quant à lui, présente dans saComplainte d’un autre dimanche le dégoût de la vie à travers des allusions picturales. Dans quelle mesure peut-on comparer ces deux textes de genres différents ? La dimension descriptive de ces deux écrits sera d’abord étudiée, puis nous verrons comment ils peuvent s’inscrire dans la lignée du spleen baudelairien. Enfin, nous nous interrogerons sur la visée de ces textes.
Ces deux textes sont denature descriptive. En effet, le lecteur peut relever les outils de la langue propres à la description. Flaubert comme Laforgue utilise l’imparfait descriptif « elle était triste », « le vent, sur la grande route, soufflait » dans l’extrait 1. Dans Complainte d’un autre dimanche on note au vers 1 « c’était un très… », ce qui permet de planter le décor. De plus, les auteurs utilisent descompléments circonstanciels qui permettent de localiser les lieux : on peut prendre comme exemple «sur les toits», «sur la grand route», «au loin» dans Madame Bovary et «en plein», «dans cette chambre» chez Laforgue. On trouve également des adjectifs épithètes, des propositions relatives et des compléments du nom qui permettent aux lecteurs de s’imaginer la scène : «sonnerie monotone, coups fêlés, sabotscirés, les petits enfants qui sautillaient nu-tête devant eux». De même, Laforgue utilise ces procédés : «très au-vent d’octobre, glabre paysage, couchant mal bâti, bandages livides». Le romancier comme le poète donnent à voir au lecteur.
Mais ils convoquent également d’autres sens, ils donnent à voir et à entendre. Pour l’ouïe le vent est présent dans les deux textes et son bruit est suggéré pardes sonorités choisies par les auteurs : « Le vent (…) soufflait des traînées de poussières. » chez Flaubert et chez Laforgue « des rafales encor plus mesquines ». Pour la vue, on note de nombreux adjectifs comme « blanchâtre, rayons pâles » chez Flaubert et «mals blancs, tuiles sales, bandages livides» chez Laforgue. Ainsi le lecteur est plongé dans un autre univers.
Les écrivains nous décrivent,pour l’un, un petit village de province, avec ses habitants, leurs vies monotones et le petit jardin d’Emma. Pour l’autre, c’est une chambre parisienne avec vue sur le Val de Grâce qui est présentée. Bien que les deux textes appartiennent à des genres différents, roman et poésie, tous deux décrivent des lieux.

Ces deux textes peuvent évoquer le spleen baudelairien. La nature joue un rôleimportant et affecte le moral des humains. Le jour joue un rôle essentiel, dans les deux textes : il s’agit du dimanche, symbole de l’ennui et de la tristesse. La saison est triste, c’est l’automne pour Laforgue et l’hiver pour Flaubert, le vent souffle, la lumière est terne, les arbres comme la vigne ont perdu leurs feuillages. Flaubert utilise une comparaison avec un «serpent malade» pour décrireles sarments de vigne et Laforgue utilise une métaphore pour faire allusion aux branches dénudées des glycines : « la vigne comme un grand serpent malade », « les squelettes des glycines ».
Un bestiaire particulièrement suggestif apparaît dans les deux écrits. Dans Madame Bovary, il y a « un chien » qui « hurlait », « un grand serpent malade » et « des cloportes à pattes nombreuses » qui setraînent. Ces animaux inspirent le dégoût comme chez Laforgue où le lecteur retrouve une « sordide limace ».
Chez Flaubert, les thèmes de l’ennui et de la solitude sont présents comme dans le spleen baudelairien. Il se manifeste par l’utilisation de rythmes ternaires tout au long de l’extrait : « Elle écoutait, dans un hébétement attentif, tinter un à un les coups fêlés de la cloche. », « et la...
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