Commentaire compose : lettre 92, le paysan perverti

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  • Publié le : 13 juin 2010
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Dans un siècle de contestations et de critique sociale comme le XVIIIème siècle, la littérature d’idée prend place. Les auteurs de ce genre font passer le besoin de convaincre quitte à utiliser tous les procédés littéraires à leur disposition comme des répétitions, des images fortes, l’utilisation de la 1ère personne.
C’est dans ce contexte qu’il convient de situer le roman épistolaire Le Paysanperverti (publié en 1775) où l’auteur Restif de la Bretonne raconte les aventures d’un paysan venu à Paris qui sombre peu à peu dans la violence et la criminalité, sous forme d’un échange de lettres. Dans la lettre 92, le narrateur décrit Paris à travers sa population.
Restif de la Bretonne est un auteur français né en 1734 et mort en 1806 qui présenta dans certaine œuvres de nombreux tableauxqui peignent d’une manière vivante les mœurs et les allures des Français de la classe Populaire.
Nous montrerons dans un premier temps que l’extrait est un texte réaliste, puis dans un second temps nous analyserons la satire faite sur Paris et les Parisiens.

Dans ce texte, Restif de La Bretonne utilise le registre réaliste qui évoque l’urbanisation de Paris et qui fait la critique d’unesociété non égalitaire. Ce registre repose donc sur la représentation du monde réel. Par plusieurs procédés, le réalisme est accentué dans cette lettre.
Le Paysan perverti est un roman épistolaire, c’est un genre qui est explicite par une correspondance ou un échange de correspondances. Celui-ci fût en vogue au XVIIIème siècle et fût très utilisé par les philosophes des Lumières. Restif de LaBretonne privilégie les lettres, qui ont une visée argumentative et rendent le texte plus vivant. Malgré l’absence d’éléments à l’en-tête et au pied de la page nous savons que le narrateur écrit à ses parents comme le montre cette phrase « Souffrez, chers parents, que je vous fasse hommage de mes lumières » (l. 4-5). La teneur du texte laisse supposer au lecteur que les actions se déroulent au XVIIIèmesiècle, le lieu du destinateur est Paris comme le montre cette phrase à la ligne 12 « Paris est un vaste assemblage de bâtiments irréguliers… ». Il n‘y a pas non plus le lieu de la destination mais l‘on suppose que les destinataires habitent en campagne d‘une part par le titre du roman « Le Paysan perverti » mais aussi par les lignes 41-42 « il paraît le contraire de nos citadins de provinces :chez nous… » . L’usage de la 1ère personne est un procédé typique de la lettre (« je change » l.1), le narrateur est interne. Ce genre permet à l’auteur d’être plus proche du lecteur, qui se sent plus concerné, notamment grâce à des questions rhétoriques comme on le voit aux lignes 23-24 « Croirais-tu que cette grande ville, dans un siècle aussi éclairé que le nôtre, n’a pas de conduits pourégoutter ses eaux? » ou par l’utilisation du pronom tu avec cet exemple « où croirais-tu que court ce négociant père de famille? (l.52).
L’utilisation du présent de l’indicatif donne au lecteur un sentiment de brièveté, l’enchaînement des actions se fait dans la fluidité, qui donne au texte un rythme rapide. Ce rythme rapide captive le lecteur, qui ne s’éloigne pas et n’est pas ennuyé tout au long de ladurée de la lettre.
Le témoignage du narrateur, qui est dans ce texte est un paysan nous apparaît plus réaliste puisqu’il rapporte des faits dont il a été témoin. Il utilise de nombreux exemples qui appuient le réalisme de la lettre par leurs aspects concrets et font que le lecteur se sent plus concerné. Le fait que le narrateur soit un personnage étranger à la ville de Paris, lui permetd’avoir un meilleur regard sur la ville et donc de pouvoir mieux la critiquer « chez nous c‘est l‘apathie, la nonchalance, le goût de la tranquillité : ici l’on voit une activité, un air d’affaire » (l.42-43). Le narrateur veut faire partager au lecteur les sentiments qu’il éprouve. Ce personnage par différentes figures de styles ou procédés critique l’urbanisation élitiste, le manque d’hygiène de...
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