Commentaire sur lechapitre 27 de gargantua de rabelais

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  • Publié le : 9 décembre 2009
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Commentaire du chapitre 27 :
« Comment un moine de Seuillé sauva l’enclos de l’Abbaye du saccage des ennemis »
Gargantua de François Rabelais, 1534.

Nous allons étudier dans ce commentaire, le chapitre 27 de Gargantua écrit par l’humaniste François Rabelais en 1534. Gargantua est la suite de Pantagruel écrit en 1532, les deux livres racontent l’histoire de deux géants, père(Gargantua) et fils (Pantagruel).
Ce chapitre relate le combat d’un moine de l’abbaye de Seuillé contre l’armée de Picrochole, roi de Lerné, qui suite à une altercation entre des Bergers de Grandgousier et des fouaciers de Lerné, envoie une armée décimer et piller le pays de son ancien ami Grandgousier.
Dans ce commentaire on cherche à montrer en quoi ce chapitre se construit comme un satire de la guerreet de la religion.
Dans un premier temps nous analyserons la satire de la guerre en dressant le portrait du héros qu’est frère Jean des Entommeures et en étudiant son combat qui est digne d’une chanson de geste. Puis nous observerons le mécanisme de la satire religieuse en remarquant la dénonciation des superstitions religieuses et en soulignant le comportement inapproprié des moines del’abbaye.

Dans ce chapitre Rabelais dresse une satire de la guerre en se moquant de l’intérêt porté aux exploits chevaleresques souvent exagérés et de la non objectivité des chansons à gestes et autres récits épiques de son époque.
Le registre épique n’existerait pas sans la présence d’un héros. C’est ce qu’est ici le frère Jean des Entommeures, il possède toute les qualités digne d’unchevalier, « jeune, vigoureux, gaillard, joyeux, bien adroit, hardi, entreprenant, décidé, grand, maigre, fort en gueule, le nez avantageux » (l 28-30), fort « de ses muscles » (l 113) il serait le stéréotype même du héros chevaleresque si seulement il n’était pas moine. C’est là-dessus que Rabelais joue pour faire rire son lecteur, imaginant un moine, vêtu d’une « casaque, le froc accroché à sa ceinture »(l 79) terrassant tout seul et à tours de bras «treize mille six cent vingt-deux » (Ligne 165) soldats avec pour seule arme, « un bâton de la croix » (l 76) lui servant de « lance » (l 77). Comme tout héros, Jean des entommeures à une quête à suivre mais celle-ci n’est pas des plus glorieuse car il s’agit de sauver du pillage le vignoble de l’abbaye. Le nom de ce moine à la force extraordinairen’est pas anodin car Jean des entommeures signifie Jean des entameures soit du hachis ou de la chair à pâté. Un héros stéréotypé n’en serait pas un si celui-ci ne faisait pas preuve d’un narcissisme important et d’une confiance en lui à toute épreuve comme le prouve le passage : « Saint Thomas d’Angleterre accepta de mourir pour eux : si je mourais ne serais-je pas saint moi aussi ? Mais je n’ymourrai pas, car c’est moi qui vais tuer les autres » (l 71-74). De plus la référence finale à la chanson des quatre fils Aymon « Jamais l’ermite Maugis, avec son bourdon, ne se porta si vaillamment contre les Sarrasins, dont on raconte l’histoire dans la chanson des quatre fils Aymon, que le moine face aux ennemis avec le bâton de la croix » insiste sur l’analogie entre la description de Jean desentommeures et d’autres héros de chanson à geste L’auteur se moque donc ici du héros, dont on fait l’éloge dans les récits épiques afin de faire oublier l’horreur de la guerre et de susciter des vocations de soldat, en exagérant les caractéristiques du chevalier afin de le tourner en ridicule.
Notre héros se lance donc dans un fabuleux combat digne des plus grandes chansons à gestes. Là encoreon rentre dans la satire de la guerre, tout d’abord car il y a deux clans bien distincts que sont les gentils et les méchants. Les méchants sont déshumanisés ce qui permet au gentil héros de les massacrer sans scrupule comme le prouve la comparaison : « comme des porcs » (l 89). Ils sont du coté du diable ce qui explique le fait qu’ils ne soient pas touchés par la peste, chose que Rabelais...
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