Commentaire sur "les colchiques d'apollinaire"

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  • Publié le : 9 juin 2010
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« Les colchiques »

- Colchique : petite fleur violâtre, poison
- 12 syllabes, 12 syllabes, 6 syllabes, 12 syllabes,
- « Colchique couleur » : allitération en « k »
- « Y fleurit » : enjambement que l’on pourrait qualifier de rejet (car seulement deux mots)
- On peut également lire « Y fleurit tes yeux ». « Tes yeux » sont soit COD de « y fleurit » soit le sujet de« sont » ( équivoque
- Vers 5 : soit 12 soit 13 syllabes : dépend de la synérèse (2) ou la diérèse (1).
- Vers 6 : 12, 13 ou 14 syllabes
- Vers 9 : 14 syllabes
- Vers 10 : 13 syllabes
- Vers 11 : 13, 14 ou 15 (séparation entre « filles » et « et »)
- Vers 13 : 12 (synérèse) ou 13 (diérèse)
- Vers 14 : 13 syllabes
- Vers 15 :12 syllabes

L’auteur utilise beaucoupde mètres impaires (13, 15). Les strophes sont irrégulières (7, 5, 3) ( amenuisement dans la longueur des strophes

Idée de plan :

I) Une célébration paradoxale de la femme aimée

Le poème s’inscrit dans la tradition lyrique amoureuse en célébrant la femme aimée.
A) Assimilation à une fleur
- Comme dans tous les poèmes d’amour lyrique, un « je » s’adresse à un « tu » : systèmeénonciatif caractéristique du lyrisme :
« Je » présent au v.7 « ma vie » ; le « tu » dans « tes yeux » au v.5, 7
- Le poète célèbre la beauté de la femme en la comparant à une fleur :
v.4 : « le colchique couleur de cerne et de lilas » ; la fleur est comparée à une couleur de cerne (=cerne des yeux) ( personnification en femme
v.5 : « Tes yeux sont comme cette fleur là » : lafemme est comparée à la fleur ( le poète renverse l’image
v.11 : « Les colchiques qui sont comme des mère filles de leur filles et sont couleur de tes paupières » : à nouveau renverse l’image
v.12 : « Qui battent comme les fleurs battent au vent dément » : les yeux (paupières) comparée à une fleur ( encore, renverse

( Il reprend un des procédés favoris de Ronsard, qui assimile toujoursla femme à une fleur, selon un système de renversement des images.
Il renforce encore l’assimilation par l’équivoque employé dans l’enjambement v.4 et 5.
Si on lit « tes yeux » comme COD de « fleurit », les yeux de la femme semblent une espèce végétale comme le colchique.

B) Le poison

- Cependant, l’éloge de la beauté de la femme est paradoxale, puisque la fleur à laquelle estcomparée la femme à l’air « maléfique », à cause de son pouvoir d’empoisonnement. Le colchique serait une fleur qui viendrait de Colchide (région en Turquie aujourd’hui), qui dans la mythologie grecque est la terre d’où Médée / Jason est originaire.
« Cloison d’or » : objet sacré pour le peuple de Jason. Médée trahit son peuple en décrochant la cloison et en s’enfuyant avec lui. Jason et Médée semarient, il la trompe, elle tue leurs enfants à l’aide d’un poison ( dépit amoureux.
On appelle cette fleur du nom de cette terre, qui est la terre de Médée (ensorceleuse).

Apollinaire fait donc une référence explicite à cette femme « fatale », exposant l’homme à un danger mortel.

- Le colchique est affecté dans ce poème de deux caractéristiques principales :
• Sa couleur : violâtre(v.4 « lilas », v.6 « violâtres », v.4 et 6 « cerne », v. 15 « mal fleuri »). Le suffixe « âtre » est péjoratif, et on retrouve cela dans « mal fleuri ». « Lila » semble positif mais le lila violet est connu pour dégager un parfum extrêmement puissant, entêtant comme un poison. D’autre part, cette couleur « cernes, paupières » évoque la maladie, et la fatigue.
• Son poison : il est exprimédès le v.1 à travers l’adjectif « vénéneux ». Ce pouvoir d’empoisonnement est souligné au syntagme au v.3 « lentement s’empoisonnent ». Au vers 3 par ailleurs, il est souligné par l’enjambement qu’a provoqué la coupure de l’alexandrin en 2, et donc le rejet du deuxième hémistiche au vers 3. L’adverbe « lentement », à la fois pour son sens, sa longueur, ses sonorités ( assonance en « en »...
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