Courir, roman de jean echenoz

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  • Publié le : 10 juin 2010
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Courir - Roman de Jean Echenoz, éditions de minuit - lu pendant le premier semestre 2009-2010 au Club de lecture. Přeložen do češtiny, Běžet. Překlad: JovankaŠotolová, Mladá fronta 2009

Lorsqu’on court, c’est un peu comme lorsqu’on est dans un train : le paysage défile de l’autre côté de la fenêtre, de tentantesperspectives s’ouvrent et se referment, on effleure du regard les frondaisons des arbres et les jeunes herbes. On pourrait les toucher du bout des doigts…

…mais on ne lefait pas quoique la tentation soit grande car cela briserait l’harmonie du mouvement, car si l’on quittait la foulée pour le pas, si l’on tirait le signal d’alarme dutrain pour aller s’asseoir sous cet arbre, à côté de cette fleur des champs qui nous a tant plu, le charme serait irrémédiablement rompu, comme si ayant arrêté lefilm on pouvait passer à travers l’écran pour se retrouver… dans le studio et découvrir que les fleurs sont en papier sur des collines de carton-pâte… À la lecture duroman de Jean Echenoz, il semble que c’est ainsi qu’Émile Zatopek, toujours courant, toujours allant de l’avant, toujours souriant, a vécu sa vie, comme le voyageursans cesse taquiné par les changements de perspectives et la joliesse fugitive des scènes surprises sur les bas côtés… et qui ne progresse pas dans la lecture dulivre qu’il vient d’acheter au kiosque de la gare. C’est que, dans ces éclats du monde offerts comme des clins d’œil, l’essence des choses, la chose en soi que tant dephilosophes ont en vain espéré voir et saisir, la voilà ! Nietzsche, disait-il, pensait en marchant. Où ne serait-il pas arrivé, s’il avait fait du jogging ?
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