De gaulle

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  • Publié le : 2 février 2013
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Le Général a toujours manifesté considération et respect à l'égard des grands corps de l'Etat. Mais aucun groupe ne saurait être préféré à la Nation. Dans l'ordre républicain, « la seule autorité valable est celle de l'Etat ». Contre les factions, celui-ci est l'arbitre unique. Chez Charles de Gaulle, il y a du Richelieu par le refus que toute féodalité, même ou surtout militaire (à l'époque), sedresse contre le pouvoir légitime.

Il y a aussi du Colbert, dans sa volonté que l'Etat assume les belles ambitions nationales, notamment en prenant la tête des grands projets innovateurs. L'Etat gaullien n'est pas neutre quand il s'agit de la France : il est engagé. Il ne doit pas « sacrifier l'avenir pour surmonter un embarras présent. La France ne saurait se traîner dans la médiocrité » :il lui faut de grands desseins, une affirmation de son identité dans le concert des puissances.


Cette mission est celle de son président, désigné de façon démocratique.


D'abord, il faut donc que l'Etat ait une tête, c'est-à-dire un chef en qui le peuple français puisse voir « l'homme en charge de l'essentiel », incarnant la continuité au milieu des combinaisons, garant de sa destinéeau-dessus des contingences politiques, capable de déterminer la politique de la Nation tout entière et de parler en son nom. A la tête de l'exécutif, le président de la République nomme les ministres et notamment le premier d'entre eux : ceux-ci ne doivent pas dépendre des partis politiques. Le chef de l'Etat préside les conseils de gouvernement, en formule les décisions en tout domaine.


Chefdu Gouvernement provisoire de la République, plus tard chef de l'Etat, Charles de Gaulle s'est fait la plus haute idée de sa mission et en a donné la plus belle image, n'économisant jamais ses efforts et ses forces, refusant tous autres honneurs que ceux dus à sa fonction, assumant les risques les plus dramatiques. Tout entier à son devoir d'Etat, il n'a capitulé ni devant les généraux, ni devantles étudiants, ni devant les casseurs, jamais devant les puissances adverses, ou même alliées. Aux yeux des Français, il a réellement personnifié l'Etat.

Dépositaire de la légitimité, il a transformé l'irresponsabilité juridique de la présidence en une permanente remise en question directe devant le peuple qu'il informait grâce à de fréquents messages, discours et conférences de presse, etconsultait par voie référendaire ou électorale. « La démocratie exige que l'on convainque les gens ».

Contrairement à ce qui a été dit, l'Etat gaullien savait s'expliquer. On peut même dire que le Général aimait à s'expliquer ; il le fai¬sait parfois de façon originale et imagée (la marine à voile, le cabri, le quarteron).

La réforme constitutionnelle de 1962 consacrera cette visionprofondément démocratique, le départ de 1969 la sanctionnera de façon péremptoire et solennelle.

Ce message gaullien est clair et fort. Toutefois l'Etat ne saurait être une fin en soi, un appareil despotique : Charles de Gaulle récuse le pouvoir obtenu par l'intrigue, l'argent, la violence. L'Etat est au service de la Nation, comme celle-ci est au service du citoyen. Il existe un pacte indissolubleentre la France et son Etat dont la légitimité, l'autorité, la finalité reposent sur l'intérêt supérieur de la Nation et expriment l'adhésion de son peuple en un sentiment profond et durable.

Dès l'époque de Londres, en sa qualité de chef des Français libres, le Général s'est référé aux «lois de la République». A Alger, il adopte en juin 1944 l'appellation de Gouver¬nement provisoire de laRépublique, qui se réfère à des précédents historiques. Car, s'il est certes en charge de l'épreuve, tout pouvoir reste provisoire tant qu'il ne procède pas de la légitimité démocratique. On n'a pas assez dit combien la Résistance intérieure avait été attentive et sensible à ce message : sous le régime de fait de l'Etat français, nous avions un Gouvernement provisoire de la République grâce à de...
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