Deux notions du destin chez sophocle et corneille

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 8 (1878 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 26 avril 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
Sujet : Deux notions du destin. Sophocle, Œdipe roi et Pierre Corneille, Œdipe : Lecture croisée des deux extraits. Dégager les thèmes communs et les divergences. Deux visions de la liberté de l’homme, de sa destinée chez Sophocle et Corneille.
Les deux extraits que nous étudions relatent tous, chacun avec sa particularité, un épisode de l’histoire d’Œdipe, bien connue. Ils nous situentvers la fin de la tragédie. C’est respectivement le retour d’Œdipe sur scène, après la révélation de son identité et le dénouement de l’histoire chez Sophocle, puis le geste final d’Œdipe et le sens qu’il revêt, chez Corneille.
Un thème majeur commun aux deux extraits, qui est en arrière fond dans la tragédie que les deux auteurs rapportent, est celui du destin. En effet, la question quipourrait se poser est celle de savoir si un homme peut prétendre échapper à son destin. Les précautions prises par le roi et la reine de Thèbes, et ensuite par Œdipe pour échapper aux prédictions des oracles se sont avérées inutiles. Il s’ensuit que même en essayant de fuir leur destin, celui-ci les rejoint ou alors ils courent à ses devants.
Dans le texte de Sophocle, Œdipe subit son destin.Il est mené comme d’une main invisible et forte par son destin. Il en subit la pression. Lorsque dans le dépit il recherche sa mère et épouse qui s’est donné la mort après avoir appris le scandale, c’est « un dieu sans doute (qui) dirige sa fureur » et il est « comme mené par un guide ». Pourtant, toute responsabilité n’est pas niée à Œdipe.
En effet, « le désastre a éclaté, non par saseule faute, mais par le fait de tous deux à la fois : c’est le commun désastre de la femme et de l’homme ». Par ailleurs, la responsabilité d’Œdipe ressort dans ce fait qu’il « se trouve sous le coup de sa propre imprécation ». On pourrait discuter cela, en alléguant notamment que c’est innocemment qu’il a dû faire des imprécations, puisque se croyant certainement innocent, il voulait éloignerl’épidémie de peste qui ravageait Thèbes, en recherchant le coupable qu’il ignorait être lui-même.
Mais le sort, on peut dire le destin subi, est le plus fort sous une pression essentiellement divine. C’est cette force divine qui est signifiée par l’ « Immortel » qui fait sur le sort d’Œdipe « un bond plus puissant ». Ce destin subi est si fort qu’il semble se personnaliser. Œdipe va jusqu’àl’interpeler : « Ah ! mon destin, où as-tu été te précipiter ? » Mais tout ce qui advient aussi à Œdipe est vu comme une intervention plus ou moins directe des dieux. Ainsi, à la question du Coryphée : « quel dieu poussa ton bras ? » Œdipe répond sans détour : « Apollon, mes amis ! oui, c’est Apollon qui m’inflige à cette heure ces atroces, ces atroces disgrâces qui sont mon lot, mon lot désormais ».Il reconnait avoir coopéré à la conduite de ce destin. La part qu’il a prise au sort qui lui est infligé n’est en définitive que celle d’un rôle instrumental : « (Mais) aucune autre main n’a frappé que la mienne… », avoue-t-il, évoquant ses yeux qu’il a frappés et crevés. Pour lui, il subit une fatalité, et on n’y pouvait absolument rien. Il déclare : « mes maux à moi, il n’est point d’autremortel qui soit fait pour les porter ». Une différence nette apparaît cependant dans la tragédie, chez Pierre Corneille.



Dans la tirade du début de l’extrait, Thésée défend d’emblée le libre arbitre et récuse la fatalité. Il va jusqu’à traiter de « caprices » ce qu’on attribue aux desseins des dieux qu’il réduit d’ailleurs à n’être qu’ « astre », sans doute ; il refuse ce qu’on attribue àtoute autre puissance surnaturelle. Il n’ose croire que nos actes soient orientés « malgré nous » ; si c’était le cas, cela reviendrait à dire que nous sommes asservis, que « l’âme est donc toute esclave », que ce soit pour faire « le bien ou le mal ». Pour Thésée, la liberté humaine serait dans ce cas factice. Elle nierait toute responsabilité dans les actes criminels des hommes, mais aussi...
tracking img