Devoir muc

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 8 (1976 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 4 avril 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
Ce sujet de synthèse sur le thème «  Générations » a été préparé par Mme Véronique JOUCLA, agrégée de Lettres Modernes, pour ses étudiants de BTS Electrotechnique du Lycée Philippe de Girard à Avignon

Contrôle continu en cours de formation : synthèse de documents.

Vous ferez une synthèse objective, concise et ordonnée des documents suivants qui concernent l’évolution des générations dans lemonde paysan, au XXe siècle.

Document 1. Raymond Depardon, Paysans, 2009.

Document 2. Jean Ferrat, La Montagne, 1964.

Document 3. Pierre-Jakez Hélias, Le Cheval d’orgueil, 1975.

Remarque : En BTS. Electrotechnique, l’épreuve de culture générale et expression s’inscrit dans un contrôle en cours de formation (C.C.F.). L’une des trois épreuves du C.C.F. est la synthèse dedocuments d’une durée de 2 heures. Cette synthèse doit être réalisée à partir de deux ou trois documents seulement. Dans le cadre d’un examen final avec synthèse et développement personnel en 4 heures, on peut envisager l’étude de l’affiche du film de Raymond Depardon : La vie moderne.

Document 1. Raymond Depardon, Paysans, 2009.
Raymond Depardon est photographe. Il revient, dansl’ouvrage intitulé Paysans, sur ses origines. Il parle d’abord de la ferme du Garet où il est né.
Je suis né dans cette ferme. Mes parents, Antoine Depardon et Marthe Bernard, étaient très doux, ils travaillaient beaucoup.
Ils s’étaient installés au Garet juste après leur mariage en 1928.
J’ai un frère, Jean Depardon, de quatre ans mon aîné. Mes parents étaient aidés par deux ouvriersagricoles, dont le Sylvestre, un réfugié polonais qui a été, en dehors de mes copains d’école, le premier témoin de mes rêves.
Je sais que j’ai eu de la chance de vivre mon enfance dans une ferme ! Plus tard, j’ai vécu aussi cela comme un complexe : nous étions, mon frère et moi, les seuls fils d’agriculteurs qui allaient à l’école de Pontbichet, dans la banlieue de Villefranche-sur-Saône.Combien de fois je me suis bagarré dans la cour de l’école parce qu’on m’avait traité de « paysan ». Je répondais : « Vous mangeriez des clous s’il n’y avait pas de paysans ! ».
Un Noël, mes parents ont offert à mon frère un appareil photo très rudimentaire : un Lumière 6x6. J’étais très jeune, mon frère l’a laissé traîner et je le lui ai vite emprunté. J’ai commencé à photographier leschats et les petits veaux. Plus tard, j’ai osé photographier mes parents dans la cuisine un jour de semaine, puis un dimanche, juste avant d’aller visiter des cousins dans la Bresse.
Je n’ai jamais osé les photographier dans le cimetière de Savigneux où nous passions presque tous les dimanches fleurir les tombes de la famille de ma mère.
En dehors de l’école et pendant les vacances,j’aidais mes parents. Le matin, je sortais les vaches jusqu’au pré en bordure de la Saône et, le soir, je les ramenais à l’étable pour la traite. L’été au moment des foins et des moissons, je leur portais à boire du vin mélangé à de l’eau, dans des bouteilles recouvertes de toile de sac à pommes de terre pour les garder fraîches.
Vers les douze ans, je passais plus de temps dans les greniers à rêverqu’à aider mes parents aux travaux agricoles.
Je n’étais pas doué pour les études, ils s’inquiétaient pour mon avenir sans jamais me le reprocher.
Pour ne pas leur faire de peine, j’ai le souvenir d’avoir fait un effort afin de réussir au moins le certificat d’études.
Mon frère, lui, après son baccalauréat, était parti travailler à Grenoble : la succession de la ferme était vacante.J’imagine la souffrance silencieuse de mes parents de voir la ferme disparaître, avec un fils à Grenoble et un autre dans les greniers en train de rêver…
En vélo, j’allais faire les courses à Beauregard, acheter du pain frais, rarement de la viande, ma mère me donnait une liste de commissions à rapporter, c’était juste à un kilomètre de l’autre côté du pont.
Orgueilleux,...
tracking img