Dieu et les femmes

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  • Publié le : 18 avril 2010
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Dieu et les femmes

1. Présentation de l’auteur : Elisabeth Parmentier

a. Biographie

Elisabeth Parmentier est née en 1961 à Phalsbourg (France). Après des études en Lettres et germanistique, elle obtient en théologie protestante un DESS[1] puis un DEA[2] dans la spécialité « théologie systématique ». En 1988 elle est ordonnée pasteur de l’Eglise de la Confessiond’Augsbourg d’Alsace et de Lorraine.
Elle s’intéresse assez rapidement à la question du féminisme dans la théologie. En effet elle défend en 1996 une thèse de doctorat sur le sujet sous le titre « Les filles prodigues : Eléments pour un dialogue entre les théologies féministes et la théologie classique ». Pour cette thèse elle reçoit en 1998 le prix « Marc Boegner ».
Depuis 2000 elle estprofesseur de théologie pratique à la Faculté de Théologie Protestante de l’Université de Strasbourg. Elle y est aussi Directrice du Département de Formation Continue depuis 2006.

b. Recherche

Depuis 1992, Elisabeth Parmentier s’investit dans la recherche. Elle se soucie surtout de ces quatre thèmes :
← La théologie pratique : Comment proclamer l’Evangile dansle monde contemporain ?
← Les théologies féministes : Quelle place pour les femmes dans le mouvement œcuménique ?
← L’œcuménisme : Quelle unité pour les différents mouvements du christianisme ?
← L’herméneutique : Comment interpréter les textes de la Bible ?

2. Résumé de la problématique « Dieu et les femmes »

a. Résumé du point de vueLa majorité des croyants sont des femmes. Ces femmes se sentent cependant délaissées par l’Eglise : elles sont absentes de la Hiérarchie, du langage liturgique et du système symbolique chrétien (le Père, le Fils), elles sont écartée de l’autel pour cause d’impureté physique, leur corps – d’ailleurs – est dominé par des principes d’étique sexuelle, il est mal-vu qu’elles sortent des clichésau niveau professionnel.
Il est vrai que l’Eglise fait des efforts mais pas assez sur certains points : les soucis et questions de femme ne sont pas abordés dans la théologie, le Magistère[3] décrit mal la nature et le rôle des femmes et les textes officiels envisagent la femme comme « soumise, créée pour être au service de l’homme, au foyer, et dans la vie sociale »[4]. La seulesupériorité accordée aux femmes est symbolique et morale, ce qui ne change rien au fait qu’elles soient soumises et faibles. Si les femmes se sentent inférieures dans l’Eglise, c’est sans doute aussi parce qu’elles ont le même sentiment au sein de la société. Pas étonnant que naisse dans les années soixante le féminisme, en réaction au sexisme ambiant à cette époque.
Le féminisme s’installaitdoucement depuis le XIXe siècle. Il se radicalise vers 1960 en reprenant le vocabulaire socialiste (oppression…) La question de la religion dans le féminisme se pose d’abord aux Etats-Unis (où le mouvement est porté par l’Eglise) mais arrive vite en Europe, portée par le premier groupe féministe et œcuménique « Femmes et Hommes de l’Eglise » né en Belgique en 1970. Les choses commencent à s’améliorerà partir de 1975, l’œcuménisme aidant. En effet, l’Eglise reconnait officiellement que les « questions de femmes » ne peuvent plus être relayées au second rôle.
C’est aussi vers 1975 qu’apparaît la notion de « théologie féministe », qui veut réinterpréter en message biblique en message de libération pour les femmes qui subissent « l’infantilisation, l’oppression et la domination à cause dusexisme régnant sur l’Eglise et la société »[5]. Le mouvement ne veut pas s’opposer à la théologie, mais améliorer la situation et s’engager à construire une relation plus juste entre les femmes, les hommes et l’Eglise. Il veut se dégager des conventions, des clichés (les femmes au foyer, les hommes au travail…) à travers une théologie holistique[6]. Le but ultime est « un nouvel espace de...
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