Dire "je" est-ce dire quelque chose ?

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  • Publié le : 31 décembre 2010
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Avant de se lancer dans l'étude de ce sujet, il convient de bien en cerner les limites et de bien le définir. Avoir le « Je » dans la représentation de soi est un acte assez primitif, qui n'impose pas au premier abord une réelle réflexion. Dire « Je » est un acte très naturel, non réfléchi et bien plus que spontané. Ainsi, cela peut paraître surprenant d'admettre que le « je » ne représenterien, qu'il ne signifie rien, et que dire « je » ne veut pas dire quoi que ce soit. La question suscite donc ici tout un débat relatif à la consistance du sujet, à ce qui fonde son identité. Il paraît bien évident que dire « Je » c'est dire quelque chose étant donné que ce « Je » n'est ni plus ni moins que la représentation de moi en tant que sujet ; d'autant plus que moi en tant que sujet j'ai lacertitude d'exister. Au delà de l'exigence de toute démonstration, la consistance du sujet apparaît comme une certitude absolue (c'est même la certitude des certitudes, la plus certaine).
Cependant cette première réflexion relatif à ma consistance en tant que sujet est-elle vraiment convenable ? Car en effet, suis-je certain de mon existence et de mon unité en tant que sujet ? En effet, en tantque sujet je me définie par la conscience aussi bien de moi (conscience réfléchie) que des objets (conscience spontanée); la conscience de ma pensée, de mes actes et de mes sentiments. Or quand je dors, je ne suis pas conscient. Il ne serait donc pas totalement absurde et bien au contraire d'admettre qu'en l'instant même ou je dors, ma conscience m'échappe, et que puisque je suis défini par laconscience, je n'existe plus et que par conséquent dire « je dors » relèverait de la niaiserie. Cela démontre de toute évidence que la consistance du sujet est plus que fragile et que dire « je » finalement ne signifie peut-être pas grand chose.
Pour traiter ce sujet nous réfléchirons dans un premier temps au concept du « moi » et à ses caractéristiques ce qui nous amènera avec certitude à un « moi» défini en tant que réalité absolue. Cependant, nous verrons qu'au fond la notion du « je » n'est qu'une réalité fragile, que dire « je » et le penser est sujet au doute, à l'incertitude. Cela nous amènera dans une troisième et dernière partie à démontrer que bien plus qu'une réalité fragile, le concept du sujet est une illusion, mais en même temps une illusion qui apparaît comme nécessaire àl'homme.

Tout d'abord le sujet apparaît comme une réalité absolue, que personne ne peut, ni même n'a l'idée de remettre en question. Dire « je » et le penser a forcément un sens ; dire je c'est dire « quelque chose ». Pour faire aboutir à cette réflexion, il est nécessaire de réfléchir sur ce qui constitue ce « je », alors seulement je réussirais à comprendre que dire « je » c'est réellement direquelque chose.
En effet, premièrement mon identité se fonde de par la faculté que j'ai d'attribuer à un « je » unique l'ensemble de mes représentations. Ce qui me permet de rassembler tous les moments de ma vie et de les rattacher à un même moi originel et congénital qui les produit et les vit, c'est la conscience que j'ai de moi. En dépit de tous ce qui peut m'arriver je suis conscient derester le même et de ne pas me transformer en un autre. Ce qui démontre alors la consistance du sujet c'est cette aptitude propre à l'espèce humaine de s'approprier l'ensemble de ses faits et gestes, de ses dires et pensées : « j'ai faim », « je te vois », « je me souviens de ce jour ». D'ailleurs à ce sujet, Kant écrit : « Posséder le JE dans sa représentation élève l’homme infiniment au-dessus detous les autres êtres vivants sur la terre. Par là, il est une personne ; et grâce à l’unité de la conscience dans tous les changements qui peuvent lui survenir, il est une seule et même personne. » Anthropologie du point de vue pragmatique . Ainsi, ce qui caractérise la personne selon KANT, c'est à la fois « l'unité de la conscience » et la raison. La personne se définit elle-même comme une...
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