Dissert

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  • Publié le : 1 janvier 2012
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L’article tente d’abord d’établir une comparaison entre le régime éducatif hongrois et français pour mettre en lumière les points communs mais surtout les différences qui mènent pourtant à un résultat identique : « baisse générale des effectifs d’étudiants en lettres, etc… ». Nous cherchons ensuite à interroger « la crise des Lettres » dans un contexte critique. Finalement, la communication tâched’esquisser un aperçu historique des stratégies d’écriture et de lecture du début du 19e siècle, moment privilégié de l’évolution du roman, en mettant l’accent sur le dilemme du roman et de l’histoire. Ces quelques analyses permettront de voir que ces stratégies différentes sont fort déterminées par des visions particulières sur le temps historique et individuel. En conclusion, l’étude s’efforcede mettre l’accent sur le statut paradoxal de la littérature : l’enseignement des lettres, c’est-à-dire la conceptualisation trop technique et abstraite des phénomènes littéraires, serait alors incompatible avec l’essence de la littérature perçue comme connaissance des expériences concrètes humaines où le texte littéraire n’est plus un prétexte mais un milieu possible de ces expériences.
Enréfléchissant sur les nouvelles méthodologies d’enseigner la littérature à l’université, les professeurs devraient aujourd’hui faire face aux perceptions inédites du temps de l’individu où les traditions littéraires peinent à trouver leur nouvelle place.
En Hongrie, l’enseignement se base sur des traditions prussiennes où la discipline se joint à un aspect fort diachronique : un semestre, un siècle. Acela s’ajoute toute la panoplie de l’idéologie communiste qui a divisé en deux le temps et l’espace et qui a transformé les philosophes et les écrivains en « alliés ou ennemis » dans une vision didactique, évolutive et téléologique.
A l’université, par contre, dans les années 80, on a déjà proposé une éducation structuraliste, postmoderniste, déconstructionniste et les étudiants se sont viteapproprié la narratologie, ce qui était à l’époque communiste exceptionnel. C’est avec ce bagage méthodologique que les jeunes de l’époque, les professeurs de littérature actuels, ont entamé leur carrière. Aujourd’hui, je constate que, d’une part, on a obtenu une éducation bien fondée dans le temps historique et socio-culturel, et que, d’autre part, depuis les méthodes accusées de formalisme sec, onest plus discipliné lors de l’analyse des textes. Les professeurs de littérature hongrois peuvent se trouver alors dans un état d’esprit professionnel un peu schizophrène entre historicité idéologique et formalisme jargonné.
Dans ma brève introduction, je viens d’observer que les causes différentes mènent peut-être aux mêmes résultats. Apparemment, c’est juste, pourtant en Hongrie, et en généraldans les pays d’Europe de l’Est, si on peut en croire aux témoignages  entendus lors des rencontres internationales des spécialistes de l’enseignement, on constate une baisse considérable des effectifs d’étudiants en lettres depuis l’introduction du système dit de Bologne. Ce système a certes des avantages mais il a des inconvénients aussi : auparavant, les études en lettres ont duré en Hongriependant 5 ans, période suffisamment longue pour assurer aux mêmes étudiants des connaissances historiques et méthodologiques dans une perspective solide. Depuis, le marché des métiers littéraires et linguistiques ont beaucoup changé et se sont extrêmement spécialisés. C’est peut-être un hasard, mais en même temps, les réformes de Bologne coupent les études après la troisième année. Au niveau Masterce n’est pas forcément les mêmes étudiants qui arrivent dans l’enseignement des lettres avec des connaissances linguistiques et littéraires très inégales. Impossible à imposer des classifications ou systématisations des faits et des acquis ; on est donc contraint de faire appel à des méthodologies basées sur les séquences1. Lors de la lecture et de l’analyse des séquences on ne considère que le...
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