Du contrat social - rousseau

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  • Publié le : 16 mars 2010
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Du contrat social
Qu'est-ce qui, dans le Contrat social de Rousseau, peut-être interprété comme un appel à la révolution?

Au XVIIIe siècle, alors que le tiers état se voit surtaxé pour pallier aux dépenses du roi et que les nobles réclament de plus en plus de privilèges, la question de la pertinence d'une monarchie absolue germe tranquillement dans les esprits. De bien des façons, des gensrévolutionnaires répandent leurs idées nouvelles, motivant secrètement le peuple à faire valoir ses droits. Parmi ces protagonistes, on trouve Jean-Jacques Rousseau, qui a l'audace de dénoncer l'injustice qui règne sur la France. Il ne se contente pas seulement de la critiquer, mais suggère aussi des solutions pour l'ératiquer. Publié à l'aube de la Révolution française (1762), Du contrat socialfait l'étalage des défauts de la monarchie absolue et simule un système politique qui serait juste et avantageux pour tous. Tantôt clairement, tantôt de façon subtile, mais toujours sous une apparance objective, il donne une piste de réflexion qui aboutit invariablement au constat de l'absurdité d'une monarchie absolue. Rousseau n’envisage pas qu’une société alternative, améliorée, maisradicalement autre. Il appelle à la révolution puisqu'il conteste l'ordre établi en exposant l'état d'aliénation des français de façon provocatrice (tout en proposant un système politique révolutionnaire), en affichant son mépris criant envers la monarchie et en tenant ouvertement des propos antichristianiques.
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La France aliénée

Selon Rousseau, le peuple s'aliène lorsque les intérêts personnels decertains prennent le dessus sur les intérêts communs à tous. Il en résulte un retour à l'état de nature, qui n'est pas souhaitable, puisqu'il offre moins d'avantages que le pacte social qui tend au bien commun. En sacrifiant sa liberté naturelle pour choisir la liberté civile, l'homme s'unit au corps social, et peut se sentir tout aussi libre qu'à l'état de nature. Il gagne de nouveaux avantages:«...ses facultés s'exercent et se développent, ses idées s'étendent, ses sentiments s'ennoblissent, son âme tout entière s'élève...»(p.60) L'état civil donne donc la liberté morale, qui rend l'homme maître de lui, inaliénable. De plus: «...le pacte fondamental substitue au contraire une égalité morale et légitime à ce que la nature avait pu mettre d'inégalité physique entre les hommes, et que,pouvant être inégaux en force ou en génie, ils deviennent tous égaux par convention et de droit.» (p.64) La vision d'entraide imaginée par Rousseau est bien sûr utopique puisqu'elle doit être partagée par tous, en tout temps et avoir pour seul intérêt la volonté générale. En fait, aujourd'hui on pourrait presque résumer l'essentiel de sa notion de liberté par la devise: «Ma liberté s'arrête là oùcelle de l'autre commence.» Cela semble évident pour les gens qui ont la morale bien placée (avoir le bon sens, un désir de justice et être intègre), mais malheureusement, ce n'est évidememment pas le cas pour tout le monde, car si ce l'était, il n'y aurait pas lieu d'avoir écrit Du contrat social.
De façon logique, les lois devraient être dictées et approuvées par le peuple souverain, uni par lavolonté générale: «Le Peuple soumis aux lois en doit être l'auteur...» (p.78) Il y aurait donc peu de lois, car chacun aurait en priorité le bien-être de tous. Les lois s'ajoutent au gouvernement pour créer la justice. Elles doivent: «entraîner sans violence et persuader sans convaincre» (p.82). Certaines lois peuvent ne pas plaîre à tout le monde, mais elles doivent être vues comme des guides, quiobligent: «...les uns à conformer leurs volontés à leur raison; il faut apprendre à l'autre à connaître ce qu'il veut.» (p.79) C'est exactement ce que tente de faire Rousseau avec son Contrat social, apprendre aux gens à connaître ce qu'ils veulent, animer leur désir de liberté et attiser leur révolte.
L'inégalité étant chose commune entre les classes sociales en France, le peuple a appris à...
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