Economie politique

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Les Idées de Léon Walras sur la Nature Humaine
Donald A. Walker*

Introduction
Les grands traits et beaucoup de détails sur les idées de Léon Walras à propos de la nature humaine ont été discutés à de nombreuses reprises. Il est impossible de préparer un texte sur ce sujet sans utiliser quelques-unes des citations de ses écrits qui ont déjà été fréquemment employées. Néanmoins, il estpossible d’ajouter quelques détails à notre connaissance de sa conception de la nature humaine, de mettre en valeur quelques incohérences dans son traitement de la volonté libre, de noter les différences entre les types idéaux pertinents à son idéal social et ceux pertinents à ses modèles économiques, et enfin d’examiner son hypothèse sur la nature humaine qu’il a utilisée dans ses modèleséconomiques. Nous pourrons ainsi apprécier plus justement son approche méthodologique dans ses modélisations économiques, ainsi que le caractère et la valeur scientifique de ses modèles. Nous pourrons appliquer les résultats de plusieurs façons, par exemple en comparant son concept de l’homme aux idées d’autres économistes néoclassiques tels que H.-H. Gossen, W. S. Jevons et Carl Menger. Heureusement, iln’est pas nécessaire de déduire indirectement la conception, ou les conceptions, de la nature humaine de L. Walras car il a explicitement traité le sujet. Une des sources les plus importantes de cette étude est son ouvrage la “Recherche de l’idéal social” (1867-68). Il est vrai que L. Walras était jeune lors qu’il l’a rédigé ; cependant, ce texte n’est pas utile seulement pour découvrir les idées desa jeunesse car il l’a fait republier sans changement d’opinion en 1896 à l’age de soixante-deux ans, le présentant comme ses pensées mûres sur le sujet de la nature humaine. Une autre source importante est son “Esquisse d’une doctrine économique et sociale” (1898). Il est indéniable que celle-ci exprime les idées de sa maturité d’esprit car il l’a écrite durant la période 1893-1895 et l’a misedans son recueil de textes publié en 1898. Enfin deux autres sources importantes sont les Eléments d’économie politique pure et quelques-unes de ses notes d’humeur1.

Université de Philadelphie (PA) Les notes d’humeur de L. Walras citées dans cette étude sont dans le Fonds Walras à Lyon, sauf si une autre collection est indiquée.
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1 ) Aspects de la nature humaine
La distinctionentre la nature animale et humaine. Il est utile pour le développement de cette étude de noter brièvement les caractéristiques que L. Walras pense être spécifiquement humaines. D’après lui, pour comprendre ces propriétés, il faut tout d’abord faire la distinction entre les caractéristiques partagées par l’homme et l’animal, et celles exclusivement réservées à l’espèce humaine. L. Walras soutientqu’il existe une ligne de démarcation entre la nature et l’humanité qui sépare l’homme physique de l’homme moral. En deçà de cette limite, l’homme vit de vies physiologiques et psychologiques purement animales ; au-delà de cette même limite, il vit de vies physiologiques et psychologiques proprement humaines. Sous le premier rapport, il appartient aux physiologie et psychologie physiques ; sous lesecond, il appartient aux physiologie et psychologie morales (Walras 1867-68 in 1896, p 101 ; 1990, p 91)2. Comment L. Walras définit-il ces différences ? La réponse est que les hommes “ont entre eux des rapports économiques et des rapports moraux” (Walras 1896, p 126 ; 1990, p 112). L. Walras pense que la division du travail et la personnalité de l’homme “contiennent en eux-mêmes tout l’hommephysiologique et tout l’homme psychologique” (Walras 1896, p 128 ; 1990, p 113). Il définit l’utile comme étant ce qui est favorable à la division du travail (Walras 1896, p 124 ; 1990, p 110). Et ce dernier implique que la personnalité de l’homme et l’homme psychologique est “expliqué et justifié par l’homme physiologique” (ibid.). Selon L. Walras, l’homme se définit par son aptitude à la...
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