Esclavage

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 16 (3991 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 22 juin 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
Bordeaux port négrier en dix dates
Le port de la Lune, qui jusque-là ne pratiquait que le cabotage, commence à mettre sur pied des expéditions transocéaniques.
1571. Le Parlement de Bordeaux s’oppose à la vente d’esclaves débarqués par un capitaine normand et les déclare libres. Cet humanisme ne fera pas long feu.
1672. Le 8 mars, le Saint-Étienne, navire de 180 tonneaux, part pour la Guinée.Son capitaine est Jean Le Cordier, et l’armateur la Compagnie des Indes occidentales. C’est le premier navire négrier recensé à partir de Bordeaux.
1729. Bordeaux commence à armer des navires négriers avec une certaine régularité.
1743. À égalité avec Le Havre, la capitale girondine occupe le cinquième rang des ports négriers français.
1789. L’année de la Déclaration des droits de l’homme et ducitoyen, Bordeaux arme trente-huit navires pour la traite (Nantes en arme quarante-six).
1794. Le 4 février, l’esclavage est aboli par la Constituante. Les négociants investissent dans l’immobilier et les vignobles.
1802. Le Conseil de commerce de Bordeaux déclare, dans un mémoire du 15 février, qu’" une trop fatale expérience nous a démontré que la liberté des Noirs est incompatible avec lestravaux qu’on a besoin d’en exiger […] . De là, la nécessité de la traite. " L’esclavage est rétabli le 20 mai par Bonaparte.
1825. Le Guide ou Conducteur de l’Étrangé [sic] à Bordeaux omet, tout en rappelant que " le commerce de la capitale de Guyenne était jadis immense ", de mentionner ses activités négrières, alors que le dernier navire négrier bordelais recensé quitte Bordeaux en septembre1826.
1848. Le 27 mars, loi sur la libération de tous les esclaves.

Introduction ?
Le trafic " connu sous le nom de traite des Noirs ", selon une formule en vogue sous la Restauration, a profondément marqué l’histoire et la mémoire des hommes. Du milieu du XVe siècle à la fin du XIXe siècle, des millions d’êtres humains ont été arrachés au continent africain et conduits vers des terresétrangères et lointaines - qui les rendirent esclaves. C’est aux XVIe et XVIIe siècles que les puissances maritimes européennes récemment installées en Amérique mirent en place la Grande Déportation par l’Atlantique et c’est au siècle suivant qu’elles la portèrent à son apogée. Aujourd’hui, cette Déportation est clairement dénoncée comme un crime contre l’humanité. Mais l’opinion d’alors ne la percevait pasainsi parce que l’esclave nègre n’était pas un homme. Même si l’Église lui reconnaissait une âme en l’initiant aux mystères de la religion, sur le plan économique, l’esclave nègre ne se différenciait guère d’un mulet dont il remplissait souvent la fonction : son statut était celui d’un " bien meuble " livré au bon vouloir du propriétaire. Devait-il s’en plaindre ? Son déplacement " d’une plage àl’autre de l’Atlantique " lui avait rendu service en le soustrayant à la barbarie de ceux qui l’avait vendu. Ce service en valant un autre, l’esclave pouvait apporter sa pierre à l’édification des nations blanches et riches.

Quelle était la condition des esclaves ?
Les Noirs arrivés d’Afrique et désignés sous le terme de " bossales " rejoignaient " l’habitation " du maître qui les avaitachetés. (L’habitation désigne l’ensemble des bâtiments et des terres plantées en sucre ou en café : elle pouvait réunir sur plusieurs centaines d’hectares autant d’esclaves nègres.) Les nouveaux venus n’étaient pas immédiatement intégrés aux anciens dont la moitié étaient nés sur place (les créoles) : ils étaient logés à part pendant plusieurs mois avant de venir s’installer dans l’un des villagesd’esclaves.
Il y avait en effet deux villages qui correspondaient aux deux catégories principales d’esclaves. Près de la maison du maître ou Grand Case se tiennent les cases des privilégiés ou domestiques et nègres à " talents " (ouvriers qualifiés, sucriers, tonneliers, charrons, ou postillons) avec qui les nouveaux n’avaient rien à faire. Près de la case du " commandeur ", celui qui dirige les...
tracking img