Essai sur l arret de la 1ere chambre civile, 25 novembre 2010

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Titre III La réflexion politique depuis la Renaissance: XVIe et XVIIe siècles

Chapitre I La naissance de l'absolutisme princier: Machiavel (1469-1527)

En 1512, les Médicis reviennent au pouvoir, c'est la fin de la République de Florence. Machiavel, qui exerçait différentes missions diplomatiques est destitué de sa charge et exilé. Cette carrière politique manquée lui fournit matière àréflexion. Il est de plus en plus convaincu que l'Italie doit devenir un État puissant et unifié, et se dit, très opportunément, convaincu que Julien de Médicis est l'homme de la situation. Suite à la mort de ce dernier, le Prince est finalement dédié à Laurent de Médicis. Le Prince est l'outil que Machiavel souhaite utiliser pour rentrer en grâce. En pure perte puisqu'il ne pourra jamais reprendre sacarrière politique, et que cette œuvre majeure ne sera publiée qu'après sa mort. Il fait de l'État un objet central de son étude, il est d'ailleurs le premier à employer le mot État dans son sens moderne. Il ne se demande pas quel est le meilleur gouvernement, ni ce qu'est le pouvoir ou l'État en général. Il n'y a pas non plus de d'interrogations sur ce qu'est la nature de l'homme, mais plutôt laconstatation de ses travers et les moyens de les utiliser.
L'idéal du prince: Le prince selon Machiavel doit d'abord être un réaliste, quelqu'un qui connaît la nature humaine et qui sait l'utiliser et avoir un soucis de sa réputation. Machiavel reconnaît l'importance de l'opinion publique et de son maniement, l'hypocrisie est un véritable devoir du prince. On trouve chez lui une théorie dugouvernement d'opinion avec l'importance de l'image donné par le prince, qui lui assure le soutien de la population. Il ne doit pas pratiquer la pauvreté mais il vaut mieux qu'il ait une réputation d'avarice en exigeant de lourds tributs. Ainsi, il ne doit pas faire preuve d'une trop grande clémence, pour que le peuple le craigne. Les principales qualités du prince pour se maintenir au pouvoirdoivent être l'adresse, la virtuosité, l'énergie, la résolution. Sa politique doit être un dosage de brutalité et de dissimulation selon les circonstances. Ce qui compte est le résultat, peu importe les moyens même s'il s'agit de crime, de de mensonge ou de trahison. De la même façon pour les relations avec l'étranger, un traité ne vaut que tant qu'il qu'il reste conforme aux intérêts du prince. Lelegs fondamental de Machiavel est le concept de raison d'État même s'il n'emploie pas l'expression. La grandeur du prince le met largement au-dessus du commun des mortels, ce qui lui permet d'échapper à la morale commune au profit d'un concept de nécessité. Pour assurer le maintien et la puissance du prince, une grande importance est donné aux choses de la guerre, « l'art de la guerre est la sciencede ceux qui gouvernent ». Il est le premier auteur à formuler le « principe des nationalités », c'est à dire le droit à l'unification d'élément nationaux dispersés. Il appelle de ses vœux l'unification de l'Italie et pense à Laurent de Médicis pour cela, c'est sur ce thème qu'il achève le Prince.
La sécularisation de l'État: Machiavel utilise le mot État dans son sens moderne. C'est uneentité à laquelle l'individu est subordonné. Il ne définit toutefois pas précisément la notion, c'est un phénomène. L'État reste étroitement lié à la personne du prince. Cette liaison est un des éléments fondamentaux de l'absolutisme naissant. Dans la lignée de Marsile de Padoue, il sécularise la pensée politique et se présente comme l'adversaire du gouvernement des prêtres et du pouvoir temporel duSaint Siège. Le pape est alors en Italie à la tête de territoires importants, les états pontificaux. Et il existe un lien étroit entre le pouvoir civil et le pouvoir pontifical. Il reproche à l'Église d'être responsable de la division politique. En outre, il reproche à l'Église de prôner l'humilité, le mépris des choses terrestre et la contemplation au détriment d'une vie plus utile à l'État et...
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