Fascination de l'homme pour les fourmis

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 6 (1486 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 13 avril 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
Les fourmis ont donc considérablement inspiré l’homme, qui les a utilisées pour créer des mythes et appuyer ses utopies politiques. Après avoir vu quelques-unes de ces idées, nous allons nous intéresser à la source du problème. D’où vient cette fascination ? D’où vient cet engouement pour ces insectes si insignifiants au premier abord ?
Cela découle peut-être du fait que les sociétés animalesnous montrent une certaine image de l’humanité. L’homme a toujours essayé de se définir, de trouver le propre de son espèce, de se différencier des animaux. De nombreux philosophes ont tenté de répondre à cette question, mettant en avant la liberté, le libre arbitre, le langage, la raison, le fait qu’il s’agisse d’un animal politique, comme le définit Aristote dans La Politique. L’homme se prétendde culture et non de nature. Les sociétés animales sont instinctives alors que l’humanité a été construite à force de volonté.
L’homme voit pourtant le reflet de sa société chez les organisations animales, un petit peu comme s’il se retrouvait pour la première fois face à un miroir lui donnant une image fausse et déformée de sa personne, mais néanmoins ressemblante. C’est le cas des sociétésfourmis, elles nous ressemblent en étant fondamentalement différentes de nous.
Nous avons fait le pari risqué de rapprocher ces deux mondes, sans pour autant passer sous silence les différences. Cette comparaison est défectueuse par bien des côtés, acceptable pourtant, pour reprendre les mots d’Henri Bergson dans Les deux sources de la Morale et de la Religion. L’auteur tente au début d’apparenterle corps social à un organisme, ou du moins à un corps physique, répétant sans cesse que cette façon de voir les choses est fausse, mais acceptable sur le point qui l’intéresse. Nous en sommes au même point. L’homme et les fourmis sont séparés par un infranchissable fossé, mais il existe bel et bien des points communs entre les deux mondes. La preuve est que l’homme se retrouve chez l’insecte,puisqu’il puise dans son monde pour créer des mythes et des idées politiques.
La fascination de l’homme envers les fourmis vient donc des parallèles que l’on peut dresser entre leurs sociétés. L’homme se voit lorsqu’il se penche et tombe nez à nez avec une colonne d’ouvrières transportant des graines. Il s’identifie au travail collectif, au groupe, au corps social. Cependant, cette attirance a desracines plus profondes que cela, des ramifications plus complexes. Elle ne vient pas simplement du fait que l’homme se reconnaît chez l’insecte. Les fourmis nous fascinent car elles représentent pour nos sociétés à la fois un idéal et une hantise. Cet insecte synthétise le rêve et le cauchemar de l’humanité.

L’idéal que représentent les fourmis est l’idéal de la société. L’homme est un animalpolitique, comme le dit Aristote, naturellement social, ce que contredisent Rousseau, Hobbes ou encore Protagoras. Le fait est, naturel ou non, que l’homme vit en société, et aspire donc à une organisation sociale parfaite. Comme le prétend Aristote, l’homme ne vit pas seul, et si cela arrive, l’individu est un brandon de discorde, et l’on peut le comparer à une pièce isolée du jeu de trictrac.Nos sociétés sont fondées sur ce principe, elles essayent d’insérer tous les individus dans leurs rangs, qui eux-mêmes essayent d’y rentrer. Dans ce schéma, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes, chacun se voit contenté. Cependant, un élément capital intervient et bouleverse le tableau, il s’agit de la volonté, du libre arbitre, de la liberté, ce qui fait toute la différence entrel’homme et les fourmis. L’homme a donc une société imparfaite, puisque chacun peut y faire des choses, peut se révolter, peut refuser les règles, les normes, les codes acceptés par tous. L’homme, bien que social et sociable, est en constante guerre avec le corps social, même s’il y est intégré. Comme le dit Rousseau dans Le Contrat Social, la société humaine n’est pas naturelle. Elle est donc en...
tracking img