Quelle est la valeur du "penser par soi même"?

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  • Publié le : 30 novembre 2010
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L'homme est souvent défini par son esprit. Tout homme est à priori capable de penser, c'est-à-dire de mener une réflexion intérieure, afin de formuler la réponse à une question, d'exprimer son opinion sur un sujet ou d'émettre un jugement qui lui est propre. Cette intelligence est ce qui nous différencie de l'animal, puisque c'est elle qui nous permet tant d'élaborer la réponse d'un problème qued'évaluer les conséquences de nos actes. L'expression « par soi-même » induit que cette réflexion est particulière et indépendante de tout facteur extérieur. Cela lui confère un caractère autonome, donnant à la pensée la possibilité de se construire seule, c'est-à-dire libérée de toute influence exercée en dehors du sujet lui-même. Mais, si l’homme ne pense pas par lui-même, alors commentpense-t-il ? Comment bien penser ? Et pourquoi ne pense t-il pas systématiquement par lui-même ?
L’homme a tendance à croire que ses pensées lui sont propres, qu'elles lui appartiennent, qu'elles doivent rester libres de toute censure, privées et inaliénables. Pourtant, tout le langage symbolique et les signes qui les accompagnent proviennent de conventions sociales sans lesquelles elles n'auraientaucun sens. Or, ce langage ainsi que notre culture nous a été transmis par d’autres, dés notre enfance. Bien que l’homme naisse avec la faculté de penser, il né ignorant. Ce sera donc la culture qu’il assimilera au cours de sa vie qui façonnera sa pensée. Il pensera donc à priori le monde qui l’entoure selon les coutumes de son pays, selon les préjugés, les idées reçues et les opinions de sonentourage. Le déterminisme du milieu aurait bel et bien une influence sur la pensée puisque le fait d’être né en un certain lieu, à une certaine époque, dans une certaine famille, donne à chaque personne une façon différente d’appréhender le monde. Il se manifeste notamment par le biais de l’éducation ; ce que Descartes appelle les « préjugés de l’enfance ». Par exemple, pour quelle raison considérons,nous Européens, le blanc comme symbole de pureté alors que c’est la couleur du deuil pour les Japonais ? L’appartenance à un certain milieu entraîne inévitablement, par mimétisme, l’adhésion aux idées de la majorité. Mais n'y a-t-il pas risque d'aveuglement lorsque l'on pense de cette façon, à savoir, que l'on est commandé, non par soi-même, mais par la société ? Pense-t-on vraiment par soi mêmelorsque l’on ne sait pas si ce soi-même est vraiment un soi-même ou un être créé par d’autres, tels que ses parents ou la société ? De plus, seule l’expérience peut justifier la présence de certains concepts dan notre esprit. En effet, comment pourrait-on imaginer des choses inconnues ? Comme l’a dit le philosophe John Locke, l’homme qui n’a jamais mangé ni vu une pomme de sa vie ne pourrait pas, enentendant le nom de « pomme », obtenir une représentation mentale du fruit. Aussi, notre conscience ne serait à l’origine qu’un tableau vierge. Cela nous est prouvé par l’étude des cas d’enfants sauvages intellectuellement limités. La solitude serait donc un facteur limitant dans le développement de l’intelligence. Mais alors, l’expérience semblant être l’un des principaux fondements de la pensée,et étant bien souvent transmise par d’autres, pensons-nous inéluctablement par les autres ? Comment faire alors pour penser par soi-même ? Est-il nécessaire de se détacher de la communauté pour s’affranchir des préjugés, ces pensées toutes faites acquises passivement ? Si j’ignore, comment savoir qui croire et à qui me fier ? Se délivrer du jugement d’autrui permettrait donc de se protéger del’erreur ? Pas nécessairement. Car la pensée, créée à partir du vécu, de l’expérience du monde, doit être confrontée à d’autres afin de déterminer ce qu’elle vaut vraiment. Il est primordial de recourir à la pensée des autres pour penser par soi-même, car cela permet de sortir de soi, et empêche de rester prisonnier de ses propres pensées premières, qui sont peut être une forme d’aliénation puisque...
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