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  • Publié le : 1 avril 2010
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Documents :
A- Voltaire, Candide, extrait du chapitre 18, 1759.
B- Jules Verne, Les Cinq Cents Millions de la bégum, extrait du chapitre V, 1879.
C- Éric-Emmanuel Schmitt, L’École du diable, extrait de la scène 2 de l’acte II, 1996.

QUESTIONS :
1- Montrez que chaque auteur, par des procédés qui lui sont propres, met en place un espace imaginaire qui échappe en partie aux lois dumonde réel.
2- Comment le progrès technique est-il perçu dans ces trois textes ? Justifiez votre réponse.

DOCUMENT A
Malgré tout l’attrait de l’Eldorado (contrée utopique où se retrouvent par hasard Candide et son compagnon de voyage, Cacambo), les deux personnages décident de rentrer dans leur pays. Ils font part de leur projet au roi de l’Eldorado qui les aide dans leur entreprise.« Vous faites une sottise, leur dit le roi ; je sais bien que mon pays est peu de chose ;
mais, quand on est passablement(1) quelque part, il faut y rester ; je n’ai pas assurément le
droit de retenir des étrangers ; c’est une tyrannie qui n’est ni dans nos mœurs, ni dans nos
lois : tous les hommes sont libres ; partez quand vous voudrez, mais la sortie est bien
5difficile. Il est impossible de remonter la rivière rapide sur laquelle vous êtes arrivés par
miracle, et qui court sous des voûtes de rochers. Les montagnes qui entourent tout mon
royaume ont dix mille pieds (2) de hauteur, et sont droites comme des murailles ; elles
occupent chacune en largeur un espace de plus de dix lieues (3) ; on ne peut en descendre
que par desprécipices. Cependant, puisque vous voulez absolument partir, je vais donner
10 ordre aux intendants des machines d’en faire une qui puisse vous transporter
commodément. Quand on vous aura conduits au revers des montagnes, personne ne pourra
vous accompagner ; car mes sujets ont fait vœu de ne jamais sortir de leur enceinte, et ils
sont trop sages pour rompre leur vœu. Demandez-moid’ailleurs tout ce qu’il vous plaira.
-Nous ne demandons à Votre majesté, dit Cacambo, que quelques moutons chargés de
15 vivres, de cailloux (4), et de la boue (5) du pays. » Le roi rit. « Je ne conçois pas, dit-il,
quel goût vos gens d’Europe ont pour notre boue jaune ; mais emportez-en tant que vous
voudrez, et grand bien vous fasse. »
Il donna l’ordre sur-le-champ à sesingénieurs de faire une machine pour guider ces deux
hommes extraordinaires hors du royaume. Trois mille bons physiciens y travaillèrent ; elle
20 fut prête au bout de quinze jours, et ne coûta pas plus de vingt millions de livres sterling,
monnaie du pays. On mit sur la machine Candide et Cacambo ; il y avait deux grands
moutons rouges sellés et bridés pour leur servir de monturequand ils auraient franchi les
montagnes, vingt moutons de bât chargés de vivres, trente qui portaient des présents de ce
que le pays a de plus curieux, et cinquante chargés d’or, de pierreries et de diamants. Le roi
25 embrassa tendrement les deux vagabonds.
Ce fut un beau spectacle que leur départ, et la manière ingénieuse dont ils furent hissés,
eux et leursmoutons, au haut des montagnes.
Voltaire, Candide, 1759, extrait du chapitre 18.
1) Assez bien.
2) Ancienne mesure de longueur valant 0,3248 mètre.
3) Ancienne mesure itinéraire (environ 4 km).
4) Les cailloux méprisés par les habitants de l’Eldorado sont en fait des pierres précieuses.
5)La boue de l’Eldorado est constituée d’or.

DOCUMENT B

Le chapitre V du roman de Jules Verne, intitulé « La cité de l’Acier », s’ouvre sur une présentation de cette ville, « propriété » industrielle du professeur Schultze.

Cette masse est Stahlstadt, la Cité de l’Acier, la ville allemande, la propriété personnelle
de Herr Schultze, l’ex-professeur de chimie d’Iéna,...
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