La controverse de valladolid

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  • Publié le : 21 avril 2010
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CONTEXTE HISTORIQUE En 1492, les Espagnols posent le pied pour la première fois sur un nouveau continent, que Christophe Colomb croyait être les Indes Orientales, contrée tant convoitée pour ses richesses et épiées. La Couronne d'Espagne a besoin de conquérir de nouveaux territoires. Au lieu de découvrir les fameuses Indes d'Orient vantées par Colomb quelques années plus tôt, elle prendpossession des terres qu'elle nommera la Nouvelle Espagne, les Amériques autrement dit, dont les autochtones, les Indiens, découvrent à mesure que les colons arrivent, que cette arrivée va bouleverser leur vie. Pillages, commerce d'esclaves, massacres et humiliations cruelles, profanations et mise à sac de la culture indienne. les Espagnols et les Portugais ne comprennent pas les Indiens, à plus forteraison que la Nouvelle Espagne ne comble pas les espérances financières de la Couronne. En effet, dès 1493, Christophe Colomb, alors Vice-roi des Indes défend dans sa correspondance avec Isabelle de Castille, la valeur marchande des Indiens, main-d'œuvre qu'il expédie par bateau en Espagne, en compensation de maigres richesses découvertes dans les Antilles. La découverte avait en effet coûté très cheraux Rois catholiques, et les Indiens assimilés à une richesse apparaissent pour le Génois comme une solution rentable. CONTEXTE RELIGIEUX L'Eglise ne comprend pas tout à fait ces nouvelles peuplades dont nombre de représentants sont amenés en Espagne, où ils sont considérés comme des animaux de foire, des sauvages par les uns, et jugés dignes d'une entière humanité, fascinants même, par lesautres. Bref, les Indiens intriguent. Nous avons parlé d'humanité ; c'est justement la question que la Monarchie apostolique se pose : les Indiens sont-ils des hommes comme les autres peuples ? Sont-ils les descendants d'Adam et Eve, ceux des tribus perdues d'Israël, ou bien une race inférieure qu'il faut asservir ? Comment faut-il conquérir le nouveau continent ? La théologie scholastique, dans lesuniversités de Salamanque et Alcalà en particulier, réfléchit sur la notion de société, sur les droits des païens. Vitoria (1543-15??), docteur dominicain à Salamanque, professe en 1532 des leçons sur les Indiens et le droit de la guerre. L'aventure de Cortez commence en 1519. Depuis la décennie précédente, les missions ont beaucoup d'importance. Les premiers franciscains arrivent au Mexique en1523. Il se répète alors ce qui s'était passé dans les Caraïbes en 1492-1500. C'est l'occasion de la rencontre entre la réflexion thomiste et la présence de gens sur le terrain, qui font vite connaître leur mécontentement. Pour la Somme Théologique, une société est un donné de la nature; toutes les sociétés sont d'égale dignité : une société de païens n'est pas moins légitime qu'une sociétéchrétienne. Une souveraineté païenne est donc possible, y compris sur des chrétiens. II est dès lors difficile de considérer comme sainte une guerre faite à des infidèles; même quand ils persécutent des chrétiens, cela n'autorise pas à les convertir de force. Au début du XVIe siècle, cette idée est appliquée aux Indiens, qui sont chez eux. On n'a pas le droit de les convertir de force, la propagation de lafoi doit se faire de manière évangélique. Le cardinal Cajetan (Tan'as de Vio), général des Dominicains, s'intéresse aux missions vers le nouveau monde. Commentant la Somme Théologique à propos de la notion de rapine, il s'intéresse à la conquête militaire d'un territoire occupé par des infidèles. Le Christ envoyait des prédicateurs et non des guerriers, c'est donc un péché de répandre la foichrétienne par la guerre. En 1532, Vitoria fait une application explicite de la leçon thomiste à la situation dans le nouveau monde. Ceux qui y vont n'ont pas un titre de propriété mais un devoir de mission. DATE La controverse de Valladolid s'est déroulée en deux séances d'un mois chacune, d'août à septembre 1550 et de mi-avril à mi-mai 1551. Six mois séparent donc les discussions II faut dire que...
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