La finance comportementale ou la psychologie de l'investisseur

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  • Publié le : 20 juillet 2010
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Investir ne relève pas d’une décision purement rationnelle, basée sur la seule analyse des ‘fondamentaux’ que sont les taux, les bénéfices ou l’évolution du marché. Les analystes sont d'ailleurs de plus en plus nombreux à admettre l'influence de facteurs irrationnels, comme l'excès de confiance, le mimétisme, les erreurs de perception, … sur la formation des cours de bourse. Autant‘d’irrationalités’ qu’étudie la Finance comportementale.

EN avril 1997, le Financial Times organisait un concours. Il s'agissait d’un simple jeu de chiffres (1) Les lecteurs devaient choisir un chiffre compris entre 0 et 100. Le gagnant était celui dont le chiffre se rapprochait le plus d’un chiffre égal à deux tiers de la moyenne des chiffres choisis. Un exemple: supposons que cinq participants choisissentrespectivement les chiffres 10, 20, 30, 40 et 50. La moyenne est 30. Deux tiers de 30 égale 20. Le participant qui a choisi le chiffre 20 a donc gagné. Si vous raisonnez logiquement, vous partirez du principe que la moyenne de cent chiffres choisis au hasard entre 0 et 100, est 50. Et que deux tiers de 50, c’est 33. Mais est-ce cela que vous allez répondre ? Non, parce que vous vous direz que lesautres participants auront fait le même calcul, avec le même résultat. Donc, vous choisirez 22, c.-à-d. deux tiers de 33. Mais les autres feront la même déduction… ce qui nous amène à 15. Et ainsi de suite, jusqu’à ce que vous arriviez à 1 comme ‘meilleur choix’. Du moins dans l'hypothèse où tout le monde raisonne de la même manière. Ce qui ne semble pas être le cas dans un groupe moyen (même s’ils’agit de lecteurs du Financial Times): le chiffre gagnant s’avéra en effet être le 13!

ERREUR RATIONNELLE. Ce petit jeu illustre assez bien la réalité du marché, estiment les défenseurs de la théorie comportementale. Comme tous les investisseurs n’ont pas la même logique, les cours de bourse sont, en pratique, différents de ceux que produirait, en théorie, un processus décisionnel ‘exact’. Que voussoyez investisseur ou analyste, voilà une réalité dont il vaut mieux tenir compte. Du moins si vous n’êtes pas friand de mauvaises surprises. Comme Long Term Capital Management, par exemple. Tout le monde se souviendra du fameux bouillon – 3 milliards de dollars de perte – que LTCM a bu en 1998. Et du fait que ce fonds spéculatif, monté par quelques personnalités en vue du monde desinvestissements (dont John Meriwether, de Salomon Brothers, et Scholes et Merton, lauréats du prix Nobel), ne doit sa survie qu’à une vaste opération de sauvetage montée par quatorze grandes banques et sociétés de bourse. Comment expliquer la débâcle d’un fonds qui, entre 1994 et 1997, avait engrangé des bénéfices pour le moins spectaculaires ? LTCM avait investi des capitaux considérables dans deux sociétéscotées en bourse, Shell Transport and Trading et Royal Dutch Petroleum (formant le groupe Royal Dutch / Shell), la première étant traditionnellement cotée avec une décote de 18% par rapport à la seconde. En 1998, l'écart se creusant, LTCM acheta du Shell Transport et vendit du Royal Dutch, pensant réaliser un bénéfice lorsque la décote reviendrait à un niveau ‘normal’. Logique, mais le marché endécida autrement. L'écart ne cessa de s’accentuer, obligeant LTCM à clôturer sa position avec la perte qu’on connaît. En fait, LTCM a commis la même erreur de jugement que les lecteurs qui ont répondu‘1’ à la question du Financial Times. Le fonds a tablé sur le comportement de décideurs rationnels qui composent un portefeuille de manière logique. Un comportement qui a d’ailleurs fait long feu dans lemonde de la finance (2). Ce qui n’a rien d'étonnant, vu qu’il s’agit d’une approche cohérente, simple et ‘opérationnelle’. Il suffit de penser à la Théorie Moderne du Portefeuille de Markovitz, qui remonte à 1952 et qui est toujours d’actualité dans la théorie et dans la pratique financière. Cette Théorie permet de constituer un portefeuille optimal, où rendement et risque (volatilité)...
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