La mondialisation, un monde de flux

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  • Publié le : 22 novembre 2010
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COMMENTAIRE D’UN TEXTE DE ROUSSEAU

Texte :

« Malheur à qui n'a plus rien à désirer ! Il perd pour ainsi dire tout ce qu'il possède. On jouit moins de ce qu'on obtient que de ce qu'on espère, et l'on n'est heureux qu'avant d'être heureux. En effet, l'homme avide et borné, fait pour tout vouloir et peu obtenir, a reçu du ciel une force consolante qui rapproche de lui tout ce qu'il désire, quile soumet à son imagination, qui le lui rend présent et sensible, qui le lui livre en quelque sorte, et pour lui rendre cette imaginaire propriété plus douce, le modifie au gré de sa passion. Mais tout ce prestige disparaît devant l'objet même ; rien n'embellit plus cet objet aux yeux du possesseur ; on ne se figure point ce qu'on voit ; l'imagination ne pare plus rien de ce qu'on possède,l'illusion cesse où commence la jouissance. Le pays des chimères est en ce monde le seul digne d'être habité, et tel est le néant des choses humaines, qu'hors l'Être existant par lui-même, il n'y a rien de beau que ce qui n'est pas. (…)
Vivre sans peine n'est pas un état d'homme ; vivre ainsi c'est être mort. Celui qui pourrait tout sans être Dieu, serait une misérable créature ; il serait privé duplaisir de désirer ; toute autre privation serait plus supportable. »

Jean Jacques Rousseau, La Nouvelle Héloïse.

Commentaire :

Dans ce texte, Rousseau bouscule totalement les idées couramment reçues du désir. En effet, il remet en cause l’aspect négatif du désir. Ainsi, Rousseau nous montre ici que le désir est un élément positif dans l’existence de chacun qui est lui-même un bonheur. Ilnous présente ici les deux cas de figure : la période où l’objet est désiré, laissant l’imagination libre d’améliorer virtuellement l’objet, puis la période de la possession de l’objet, annihilant tous les efforts de l’imagination par ce retour à la réalité.
On remarque que le texte peut être organisé en trois mouvements. Dans un premier mouvement, Rousseau écrit que le bonheur est dans le désir,ensuite, dans un second temps, il montre la nécessité pour l’Homme de désirer. Enfin, il termine par une généralisation sur les conséquences du désir sur la vie de l’Homme.

Dès le début, Rousseau casse la représentation ordinaire du désir qui stipule que le désir est un manque, donc une souffrance. En effet, la jouissance suppose la possession donc l’évanouissement du désir. On en déduit alors :je désire puis, je suis heureux. Or Rousseau ici, prendre le chemin inverse : celui qui n’a plus rien à désirer mais avec la disparition instantanée du désir, il a en fait tout perdu : il est en quelque sorte dépossédé à l’instant même où il possède ce qu’il désire.
Ainsi Rousseau nous montre que le malheur ne se trouve pas pendant le désir mais bien lors de l’assouvissement de ce désir. On adonc un bonheur qui est intérieur, inclus dans le processus de désir. Rousseau accroît le paradoxe lorsqu’il écrit que celui qui a tout « perd pour ainsi dire tout ce qu’il possède ». On peut d’ailleurs attacher un exemple à cette citation : en effet, on dit souvent que les personnes richissimes qui ont absolument tout sont finalement bien malheureuses. Cet exemple semble aller dans le sens de lathèse de Rousseau.
Cependant, il nous revient à l’esprit que celui qui n’a plus rien à désirer est finalement libéré donc soulagé. Rousseau brise cette croyance. Il affirme que la jouissance n’est pas là où on le croit initialement. Selon lui, la jouissance (qui est, par ailleurs, une notion différente du bonheur) ne vient pas avec la possession mais étrangement avec l’attente. Il en vient même àdire que « l’on est heureux avant d’être heureux », c'est-à-dire, que le véritable bonheur n’est pas celui que l’on croit. Pour lui, un homme heureux est donc un homme qui désire.
On en arrive donc à la situation de l’Homme. En effet, on constate que l’Homme n’est finalement pas capable d’éprouver de la jouissance en présence de l’objet désiré. On peut prendre comme exemple, le papier cadeau...
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