La philosophie peut-elle avoir un sens en-dehors de la métaphysique ?

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  • Publié le : 11 avril 2010
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La philosophie peut se définir comme une activité et une discipline qui questionne, interprète et réfléchit sur le monde et l’existence humaine. En ce sens, la philosophie opère un questionnement permanent sur les choses visibles et invisibles, sur le réel et l’illusoire, sur la science et l’imaginaire. On observe donc que la philosophie peut être, comme on le dit souvent, la recherche de lavérité et de la sagesse dans l’existence. Cependant, comment accéder à une vérité alors qu’on ne peut la vérifier ? Comment la philosophie peut-elle se dire une discipline alors qu’elle peut réfléchir sur des choses ou des objets dont l’existence n’est pas démontrée ? Est-elle condamnée à n’être qu’une discipline critique qui doute d’elle-même ? Est-elle une science de la rationalité pure ? Nousallons voir, en montrant les rapports qu’entretient la philosophie avec la métaphysique, qu’il existe un sens de la philosophie, non pas en dehors de la métaphysique, mais à travers cette dernière. C’est par l’existence de l’être que la philosophie prend tout son sens

A l’époque de Platon, le mot Métaphysique n’existe pas, il a été inventé par Andronicos de Rhodes pour son édition des ouvragesd’Aristote qui venaient après la physique
Mais si le mot de métaphysique est relativement récent, sa notion est très ancienne et se confond avec la notion de Philosophie.
Le monde des Idées chez Platon, le supra-sensible ou ce qui est appelé aussi Dialectique, peut-être interprétée comme la Métaphysique. Les différentes idées comme le Beau, la Vertu, le Bien sont des analogies projetées sur lemonde, qui viennent d’Idées existantes en elle-même dans un au-delà qui serait un monde de causalité des formes sensibles. . Les choses sensibles dans le monde s’articulent avec les réalités en soi Ces dernières engendrent des formes qui deviennent des choses sensibles, auquel elles participent. Cela n’est pas un engendrement physique, mais permet de faire exister le sensible en le rendant nommableet pensable. Il y a donc participation entre l’image sensible et son modèle intelligible. Il ne peut y avoir rupture entre les deux mondes, mais bien communication, participation, car l’intelligible est cause du sensible. En rendant pensables les formes, l’intelligible est cause de sens. Il y a une dépendance ontologique de l’image et de l’intelligible. C’est la théorie de la participation dePlaton. Chez Platon, il n’y a pas possibilité d’une philosophie sans une métaphysique, car cela la réduirait à une science, ce que Platon condamne comme étant une succession d’hypothèses. Chez Platon, la critique faite à la Métaphysique habituellement est faite à la science. Celle-ci n’a quasi aucune valeur à ses yeux.
Aristote va apporter une nuance critique à la théorie des Idées platoniciennesen dégageant une Ontologie plus précise. . Pour Aristote, les Idées ne peuvent être en même à la fois identique et autres, dans un monde sensible et intelligible. Aristote ne récuse pas la rupture entre monde sensible et monde intelligible, seulement, il déplace la frontière. La rupture se retrouve dans le seul monde réel que connaisse Aristote, le monde qu’il connait, monde de la régularité, puisle monde sublunaire (au-delà de la lune), où tout est soumis à la contingence et au hasard. Par cette « migration », la théorie des idées n’a plus lieu d’être. En effet, les deux mondes séparés nécessaires à Platon sont regroupés dans le réel. Dès lors, la transcendance descend et reste mondaine. Platon fut le premier à essayer de penser un tout intelligible, mais l’erreur de Platon selonAristote, a été de tout transposer dans un monde fictif. Aristote ramène le platonisme au plan de l’être. L’Idée Platonicienne (ou l’être aristotélicien) peut avoir plusieurs significations, sans perdre son unité. Platon a confondu l’idée et ses significations. On peut prêter différentes significations à l’être sans que celui-ci perde son unité. . C’est le discours qui amène une multiplicité de...
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